Quelle action l’ESCRIM a-t-il pu apporter lors d’une gestion de crise sanitaire inédite au CHU de Guadeloupe ? Alain PHILIBERT nous raconte

Source :  ©LSR – Olivier FÉREC Productions (Nov.2018)


N°1, Janvier 2019


Article publié  par notre nouvel expert, Alain PHILIBERT (Secrétaire Général du Groupe Hospitalier Bretagne Sud)

Cet article publié sur managersante.com fait suite à l’excellent reportage diffusé en Novembre 2018 et réalisé par Olivier FÉREC (producteur) , suite au dramatique incendie survenu au CHUG de Guadeloupe au cours de la soirée du  Mardi 28 Novembre  2017  

©LSR - Olivier FÉREC Productions.

Source :  ©LSR – Olivier FÉREC Productions (Nov.2018)


Le remarquable reportage d’Olivier FEREC sur l’ESCRIM (Elément de Sécurité Civile Rapide d’Intervention Médicale)  nous fait revivre avec émotion et intérêt ce qu’aura été la mise en oeuvre de ce dispositif au CHUG (CHU de la Guadeloupe) fin 2017/début 2018. Il est intéressant parallèlement de se remémorer les conditions hors normes dans lesquelles se sont déroulées les opérations, depuis la demande de déploiement jusqu’au retour de la structure sur sa base plus deux mois après.

Ce retour en arrière nous rappelle combien une telle organisation est complexe et nécessite l’intervention d’un nombre important d’acteurs, aux fonctions et responsabilités diverses et complémentaires, qui se rejoignent en un temps record dans l’action pour constituer ce que l’on pourrait qualifier d’association de bienfaiteurs. Les lignes qui suivent n’ont d’autre prétention que de resituer cette aventure humaine dans son contexte, et de saluer et remercier celles et ceux qui ont œuvré à la réussite de cette opération.

Source :  ©LSR – Olivier FÉREC Productions (Nov.2018)

Pourquoi avoir sollicité l’intervention médicale de l’ESCRIM ?

Mardi 28 novembre 2017                         

Au CHUG, au soir de l’incendie ayant entraîné l’évacuation totale des tours Nord et Sud et le transfert des patients et des équipes vers d’autres structures hospitalières de Guadeloupe et au CHU de la Martinique, la première urgence aura été d’assurer l’urgence vitale et les soins critiques pour accueillir, prendre en soins et sécuriser au mieux les patients.

Le Plan Blanc a été déclenché immédiatement, par prévention au départ, permettant ainsi l’évacuation des hospitalisés vers les autres établissements de santé. Les services d’accueil des urgences du CHUG sont transférés en catastrophe dans une clinique privée voisine, elle-même siège d’un service d’urgence, qui va se trouver instantanément et totalement submergé par cet afflux de patients inhabituel. Le constat est rapidement fait que cette petite structure ne tiendra pas sur la durée.

Le Docteur Patrick PORTECOP, Directeur médical du SAMU 971, relayé par l’EMIZA (Etat-major interministériel de zone Antilles), demande donc sans attendre le déploiement de l’ESCRIM (Elément de Sécurité Civile Rapide d’Intervention Médicale). Cette structure aérotransportable, bien connue dans la Caraïbe pour avoir été déployée avec succès en Haïti en 2010, permet de fonctionner de manière autonome sur le lieu de sa projection, et de développer une activité médico-chirurgicale et obstétricale dans une structure de 1 000 m² de tentes.

Le Docteur Patrick PORTECOP nous rappelle le contexte :

« Concernant la commande de L’ESCRIM les choses se sont déroulées de la manière suivante : au moment où nous nous sommes retrouvés, le Directeur Général (du CHUG) et moi, après la levée de la cellule de crise dans mon bureau à une heure avancée, je lui faisais partager mon inquiétude sur le fait qu’aux vues des circonstances   nous ne pourrions pas réintégrer nos locaux avant de nombreuses semaines avant les expertises de rigueur.  Je lui ai fais savoir que les urgences des Eaux Claires ne pourraient pas absorber nôtre activité. J’avais évoqué avec le Contrôleur Général Gilles BAZIR l’opportunité de solliciter le déploiement de l’ESCRIM et qu’il fallait faire vite remonter la demande. Nous avons saisi l’opportunité d’un appel au DGS (Directeur Général de la Santé), le Pr Benoit VALLET, pour lui exposer les raisons de notre demande, qu’il a fait rapidement remonter au CORRUSS (Centre Opérationnel de Réception et de Régulation des Urgences Sanitaires et Sociales), qui a traité la demande en urgence en interministériel. J’ai insisté pour disposer de l’option la plus spacieuse avec la possibilité d’avoir un bloc et une petite maternité car nous n’avions pas de certitude sur le redéploiement des activités avec les établissements privés. J’ai donc rédigé vers 4h00 du matin depuis mon PC le mail de demande, adressé directement au DGS en présence du Directeur Général… ».

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Pour Patrice RICHARD, Directeur Général de l’ARS Guadeloupe au moment de l’incendie : « En fait la décision de mobiliser l’ESCRIM a été prise très rapidement après l’incendie. Après un moment d’hésitation, le Directeur de cabinet (de la Ministre de la Santé) a été acquis à la décision après une réunion téléphonique entre lui, le DGS, la DGOS (Directrice Générale de l’Offre de Soins) et moi, qui a particulièrement appuyé sur la nécessité de cette décision. Tout a été ensuite lancé et organisé jusqu’à l’arrivée sur le tarmac en présence d’Agnès BUZYN».

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Comment une telle mobilisation rapide de l’ESCRIM est-elle possible ? Rétrospective

Mercredi 29 novembre 2017 : des décisions prises à la hauteur de l’événement

Si la prise de décision a été extrêmement rapide, sa mise en œuvre ne le sera pas moins. Non sans difficulté cependant, puisqu’il aura fallu, en moins de 24 heures, que le CORRUSS réunisse un financement de plus de 300 K€, trouve (en Arabie Saoudite) et affrète un avion gros porteur russe, et enfin réserve toutes les sièges nécessaires sur les avions de ligne pour acheminer les personnels en Guadeloupe.

Dès le matin, le SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours) du Gard annonce sur son site que la DGSCGC (Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises) a demandé à l’ESCRIM des sapeurs-pompiers du Gard de s’engager en Guadeloupe, avec pour mission d’aider les responsables locaux à maintenir le dispositif médical et chirurgical du CHUG. Pour la première fois depuis la mission à Haïti en 2010, 14 membres de l’ESCRIM (2 médecins, 1 pharmacien, 5 infirmiers et 6 logisticiens), tous sapeurs-pompiers du Gard vont mettre à disposition leur savoir-faire. Ils seront accompagnés pour cette mission par 27 militaires de l’UIISC (Unité d’Instruction et d’Intervention de la Sécurité Civile) de Brignoles.

L’état du colisage arrêté conjointement par la DGSCGC et le COGIC (Centre Opérationnel de Gestion Interministérielle des Crises) indique le transfert de 300 colis sans palettes, pour un poids de plus de 15 tonnes, un volume de plus de 78 m3, et une valeur de plus de 744 K€ TTC.

Installation d’une cellule de crise au CHUG

Le CHUG installe une cellule de crise, présidée par le Directeur Général et/ou le Directeur Général Adjoint, et co-présidée par la Présidente et/ou le Vice-Président de la CME (Commission Médicale d’Etablissement). Sa composition sera d’abord très large, compte-tenu de l’absolue nécessité de coordonner l’ensemble des acteurs, et plus particulièrement le CHUG dans toutes ses dimensions (dont la Secrétaire du CHSCT et le Médecin de Santé au Travail), le Commandement de l’ESCRIM, les coordonnateurs successifs des missions de SPF (Santé Publique France), les représentants médicaux et administratifs de l’ARS Guadeloupe.

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La cellule de crise se réunira pendant plusieurs mois, d’abord quotidiennement 7/7, puis de manière progressivement plus espacée. Elle verra sa composition resserrée sur proposition du Commandement de l’ESCRIM, pour plus d’efficience, puis deviendra cellule de coordination au bout de six mois, et sera finalement levée fin juin 2018, soit plus de sept mois après l’incendie. Elle se doublera de conférences téléphoniques ARS971/CHUG/EMIZA d’abord quotidiennes 5/7 puis de manière plus espacée, ainsi que de près d’une vingtaine de conférences téléphoniques avec le niveau national.

Jeudi 30 novembre 2017 : une Equipe de Reconnaissance et d’Evaluation de métropole atterrit en Guadeloupe

Quarante-huit heures seulement après le drame, le CHUG a l’honneur de recevoir Madame BUZYN Agnès, Ministre des Solidarité et de la Santé dans les locaux du SAMU 971, pour une rencontre les principaux acteurs de l’événement. Il s’agit de sa deuxième visite officielle au CHUG en deux mois de temps, puisqu’elle s’était déplacée en Guadeloupe à la suite de l’ouragan Irma, qui avait notamment dévasté le Centre Hospitalier de Saint-Martin en septembre 2017.

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Une Equipe de Reconnaissance et d’Evaluation (décolle d’Orly le matin. Elle est opérationnelle dans l’après-midi et se place auprès des directions de l’ARS et du CHUG. Accompagnée d’un médecin de l’ARS, elle a rapidement déterminé les conditions d’implantation de l’ESCRIM. Le problème qui s’est posé, et qui peut encore se poser toutes choses égales par ailleurs, était que, pour des raisons d’efficacité, le mieux était de déployer l’ESCRIM dans un périmètre de soins, au sein du CHUG, et qu’il fallait pour cela obtenir une validation ministérielle dérogatoire car les activités de soins sont soumises à autorisation administrative.

En effet, il avait été envisagé en première intention d’implanter la structure sur le stade vélodrome de l’agglomération, situé à onze kilomètres du CHUG, et surtout de l’autre côté de la Rivière Salée séparant la Grande Terre (où se trouve le CHUG) de la Basse Terre (où se serait trouvé l’ESCRIM), ce qui présentait un risque en cas d’événement empêchant la circulation entre les deux points.

La Guadeloupe est en effet constituée de deux îles reliées par deux ponts routiers seulement, ce qui rend fragiles les transferts d’une île à l’autre en cas de perturbations graves de la circulation, et la Grande Terre, qui regroupe environ 64 % de la population, ne dispose d’aucune structure d’accueil des urgences hors le CHUG. Il a donc été décidé de l’implanter sur le site du CHUG, car il y avait un besoin sanitaire large : assurer les urgences mais aussi pouvoir opérer et accoucher sur place.

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Le déploiement de l’ESCRIM

Vendredi 1er décembre 2017 : Visite de Madame BUZYN Agnès (Ministre des Solidarités et de la Santé)

La Ministre des Solidarités et de la Santé est reçue au CHUG de la Guadeloupe en matinée, pour une réunion de travail sur la gestion de la crise, puis une rencontre avec les personnels, avant de rendre visite aux équipes du CHUG réparties dans les établissements guadeloupéens partenaires du CHUG. Les derniers effectifs de l’ESCRIM et la première mission SPF arrivent en Guadeloupe en milieu d’après-midi.

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Samedi 2 décembre 2017 : Atterrissage de l’ESCRIM

L’avion transportant le fret et l’équipe logistique de l’ESCRIM se pose sur le tarmac de Pointe à Pitre à 8h00, en présence de la Madame la Ministre de la Santé.

Dimanche 3 décembre 2017 : Installation de l’ESCRIM en 24 h chronos

L’hôpital provisoire est monté et installé en 24 heures avec seulement 50% de son personnel, et en upgradant certains standards (climatisation, tentes accueil, équipements, signalétique…) pour correspondre aux attentes et aux critères d’un déploiement en territoire français. A 20h00, il est opérationnel.

Une procédure de prise en charge des urgences adultes et infantiles est établie, qui prévoit que, sur la zone d’emprise du CHUG, comprenant la Grande Terre mais aussi une partie Nord Est de la Basse Terre :

  • Le site principal de traitement des urgences est le service des urgences de la Clinique des Eaux-Claires, en raison de la présence sur site du plateau technique d’imagerie, du service de réanimation géré par l’équipe du CHUG et du bloc opératoire ;
  • Le site secondaire est l’ESCRIM, qui accueille les urgences régulées, les urgences non vitales, les urgences traumatologiques non chirurgicales, et les urgences pédiatriques non vitales.

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Quand l’ESCRIM a-t-il pu être opérationnel sur le terrain ? 

Lundi 4 décembre 2017 : L’ESCRIM est opérationnel à J+6

Moins de six jours après l’incendie, l’ESCRIM est officiellement ouvert et accueille son premier patient à 8h00. Moins d’une semaine après le déclenchement de l’incendie !

Le personnel de l’ESCRIM, après la phase d’installation, a pour première d’accompagner le personnel soignant du CHUG et de SPF dans l’utilisation de cette structure inconnue, tout en prenant une part active à la prise en charge des patients, notamment au déchoquage.

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La démobilisation de l’ESCRIM : une décision stratégique en concertation  

Vendredi 29 décembre 2017 : Réintégration du SAU

Le service d’accueil des urgences pédiatriques réintègre ses anciens locaux au sein du CHUG, libérant d’autant le recours à l’ESCRIM et à la Clinique des Eaux Claires.

Mercredi 10 janvier 2018 : un délai supplémentaire pour l’ESCRIM

A la demande du CHUG, la convention de mise à disposition de l’ESCRIM, signée entre le CHUG, et les ministères de la Santé et de l’Intérieur pour une durée initiale de 6 semaines, est prolongée pour une durée maximale de 5 semaines.

Lundi 29 janvier 2018 : désinstallation de l’ESCRIM

Le services d’accueil des urgences adultes regagne le site du CHUG, mais dans les locaux exigus des consultations externes, faute de pouvoir réintégrer ses propres locaux, situés directement sous l’étage technique touché par l’incendie et placé pour une période indéterminée sous scellés de justice.

La décision est prise : la mobilisation de l’ESCRIM s’achève et les opérations de démontage puis de transfert de la structure peuvent commencer. Cette décision a été bien pesée avant d’être prise car elle est irréversible.

Jeudi 8 février 2018 : fin de l’opération d’intervention de l’ESCRIM

L’ESCRIM repart pour la métropole, afin d’y être reconditionné avant de repartir vers de nouvelles missions à l’autre bout du monde. Fin de l’aventure ; le CHUG se retrouve face à lui-même, avec l’espoir avoué de pouvoir rouvrir les urgences adultes dans les meilleurs délais.

Mercredi 28 novembre 2018 : 1 an après l’incendie

Un an jour pour jour après l’incendie, les urgences adultes n’ont toujours pas réintégré leur site d’origine, pour des raisons juridiques et techniques, mais la décontamination de l’étage technique est enfin autorisée par le Procureur, et on envisage sérieusement un retour du service dans ses locaux à la fin du 1er trimestre 2019.

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Quel est le bilan de l’intervention de l’ESCRIM

L’activité de cet hôpital de campagne aura au final été très importante, puisque plus de 8 000 y passages y ont été enregistrés en deux mois, ce qui représente une activité excessivement soutenue.

Premier déploiement de l’ESCRIM sur le sol français, cette mission était également une première dans cette configuration originale : mettre très rapidement à la disposition du personnel soignant un outil fonctionnel permettant d’accueillir et traiter jusqu’à 150 patients par jour, adultes et enfants, avec des capacités de déchoquage, de chirurgie ambulatoire et d’hospitalisation courte, en situation « normale » en dehors de tout contexte de catastrophe de grande ampleur.

Cette période mémorielle nous amène à nous questionner sur la réalité de cette séquence humanitaire essentielle :

Et si c’était à refaire ?

Il faudrait le refaire, et ce de la même manière. La chaîne de commandement a parfaitement fonctionné et les choix ont été les bons.

Les équipes ont elles collaboré ?

Oui ! Les équipes de l’ESCRIM, du CHUG et les réservistes de l’SPF ont collaboré rapidement et très étroitement. On mettait en œuvre un outil de médecine de guerre, comme en Haïti, mais avec le support d’équipes hospitalières disponibles et performantes et de la logistique d’un CHUG français. Il s’est créé une véritable symbiose entre les militaires et les civils, les professionnels missionnés depuis la Métropole et ceux du CHUG, qui se sont acceptés, reconnus et acculturés réciproquement.

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La coordination des différents commandements a-t-elle été satisfaisante ?

Au niveau de la coordination ESCRIM/CHUG/SPF, il est possible de mieux faire en améliorant la connaissance des fonctionnements respectifs et en facilitant les échanges, notamment en cellule de crise. Le détachement par le CHUG d’un médecin officier de liaison auprès de l’ESCRIM a été un élément efficace et facilitateur. La réunion régulière de la cellule de crise a montré son intérêt mais les approches spécifiques des partenaires (militaires et civils) a demandé des adaptations de méthode et de discours.

Le dispositif a t’il été bien utilisé ?

Il a vraisemblablement été sous-utilisé, notamment pour les activités de chirurgie et d’obstétrique, dans la mesure où d’autres sites, considérés comme plus sécures par les opérateurs et accoucheurs, avaient été ouverts dans les autres établissements hospitaliers guadeloupéens, notamment dans la clinique voisine, et ce malgré les nombreuses complications qu’on y rencontrait. En revanche, les gastro-entérologues l’ont utilisé sans réserve, car trouvant dans un seul et même espace les moyens d’exercer leur activité au plus près du service d’accueil des urgences.

Source :  ©LSR – Olivier FÉREC Productions (Nov.2018)

Les guadeloupéens ont-ils eu de la chance ?

Oui, car l’ESCRIM était disponible et mobilisable sans délai. Dans le cas contraire, la prise en charge des urgences dans cette période post-incendie aurait été terriblement plus complexe et risquée.

Y avait-il un risque à ne pas voir projeter l’ESCRIM, même disponible ?

Oui, car, normalement, on envoie l’ESCRIM si et seulement si le système de santé est à plat localement, ce qui n’était pas le cas en Guadeloupe puisque les autres établissements de santé, publics et privés, étaient opérationnels. L’engagement financier ne doit pas être négligé non plus puisque le montant des dépenses engagées pour le déploiement de l’ESCRIM est estimé à plus d’un million d’euros sur deux mois de temps.

La règlementation est-elle adaptée à la situation ?

Pas totalement, et il semble nécessaire qu’un texte ouvrant des possibilités de dérogation d’autorisations vienne assouplir les conditions de déploiement au regard des autorisations d’activité.

Source :  ©LSR – Olivier FÉREC Productions (Nov.2018)

Quel fut l’impact de l’ESCRIM ?

En novembre 2017, la Guadeloupe et ses dépendances se remettaient à peine des passages successifs de deux ouragans de force 5, et la région se trouvait, du fait de l’incendie, confrontée à sa troisième crise sanitaire en deux mois.

Source :  ©LSR – Olivier FÉREC Productions (Nov.2018)

L’impact de l’ESCRIM a donc été très puissant, que ce soit en termes de réponse aux besoins sanitaires locaux, en termes de message sécurisant aux populations (résidents et touristes), en termes de redynamisation du CHUG et de ses équipes, et enfin en termes de démonstration de la puissance et de l’efficacité de la solidarité nationale.

Un an après, on peut raisonnablement et objectivement considérer que le déploiement de l’ESCRIM a constitué la pierre angulaire du redressement d’un CHUG, brutalement mis à genou par l’incendie, et plus globalement d’un système de santé guadeloupéen, rudement mis à mal par l’écroulement soudain de son “poteau mitan.


REGARDEZ LA VIDÉO DU REPORTAGE RÉALISÉ par 

©LSR – Olivier FÉREC Productions (Nov.2018)

Durée : 1 heure 14


Petit Glossaire pour comprendre :

(liens URL intégrés) : 

ARS Guadeloupe. (Agence Régionale de Santé de la Guadeloupe)

CHUG (Centre Hospitalier Universitaire de la Guadeloupe)

COGIC (Centre Opérationnel de Gestion Interministérielle des Crises) *

CORRUSS (Centre Opérationnel de Réception et de Régulation des Urgences Sanitaires et Sociales

DGOS (Directrice Générale de l’Offre de Soins)

DGS (Directeur Général de la Santé),

DGSCGC (Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises)

EMIZA (Etat-major interministériel de zone Antilles),

ESCRIM (Elément de Sécurité Civile Rapide d’Intervention Médicale).

SAMU 971 (Service d’Aide Médicale d’Urgence)

SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours)

SPF (Santé Publique France)

UIISC (Unité d’Instruction et d’Intervention de la Sécurité Civile) de Brignoles.

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Nous remercions vivement Alain PHILIBERT (Secrétaire Général chez Groupe Hospitalier Bretagne Sud),  pour partager son expertise professionnelle pour nos fidèles lecteurs de www.managersante.com


Biographie d’Alain PHILIBERT :
Alain Philibert, était Directeur Général adjoint du CHU de Guadeloupe.
A chaque poste occupé, il a su faire preuve d’une grande faculté d’adaptation et un parcours aussi atypique que riche et varié, construit sur :
– une mobilité géographique : France métropolitaine et Outre mers (Réunion et Guadeloupe)
– une mobilité sectorielle : Entreprises commerciales privées, Hôpital public, Fondation reconnue d’intérêt général, Etablissement de soins privé non lucratif, Groupement de coopération sanitaire, Groupement d’intérêt économique
– une mobilité professionnelle : Gérant, Employé administratif, Chef de service, Chargé de missions, Directeur Adjoint, Administrateur délégué, Chef d’établissement, Directeur général adjoint.
Aujourd’hui, depuis le 1er janvier 2019, Alain Philibert occupe le poste de Secrétaire Général du Groupe Hospitalier Bretagne Sud (GHBS) .

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