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En période chahutée, pourquoi ceux qui réussissent font un peu moins place au JE et un peu plus au NOUS ? Jean-Luc HUDRY nous éclaire avec optimisme.

Nouvel Article proposé par notre expert,  Jean-Luc HUDRY, Conférencier, Auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier paru aux éditions Maxima Laurent du Mesnil (5 novembre 2020), « L’optimisme opérationnel – Vaincre l’adversité« .

N°5, Mars 2022

Clé 39 : En période chahutée, ceux qui réussissent font un peu moins place au JE et un peu plus au NOUS

C’est le moment ! Le moment de voir loin et de repenser ce qui doit l’être. Le moment aussi de comprendre les tendances sociétales au premier rang desquelles une demande marquée vers plus d’humain dans l’entreprise.

En les adaptant à notre temps, cette nouvelle clé optimiste « faire plus de place au NOUS et un peu moins au JE » vous permet de perfectionner les pratiques managériales et celles de chaque collaborateur. Et, c’est vrai, ceux qui réussissent ont compris toute l’importance du NOUS.

Bien utilisé, il vous permet de développer qualité de vie au travail, motivation, confiance et optimisme au sein de votre organisation. Et d’obtenir de meilleurs résultats face aux épreuves et à l’adversité.

Donc… comme tout le monde, vous connaissez quelqu’un qui, du premier échelon jusqu’au leader emblématique, ne peut s’exprimer autrement qu’en se mettant continuellement en avant.

Chaque fois qu’il ou elle prend la parole, c’est un festival de « moi » et de « je » : Mes équipes ; mon staff ; mes résultats, moi, personnellement, je. Et chaque fois que la conversation emprunte des chemins où il est absent alors, l’artiste se replace à sa manière avec un subtil « c’est comme moi, d’ailleurs je » ….

Insupportable ?

Mmmmoui…. Toutefois, l’indulgence s’impose car trouver les mots justes et la bonne distance n’est pas chose aisée, la preuve :

Un jour, comme vous sûrement, je rédige mon profil sur Linkedin, réseau incontournable dans le monde professionnel. C’est la loi du genre, il faut se raconter pour susciter l’intérêt du lecteur à entrer en contact avec vous et plus si affinités.

En utilisateur studieux et attentif, je compose un texte pour lui inspirer confiance, montrer la légitimité à dire ce que je dis en conférence, et lui donner envie de nous connecter pour faire connaissance et échanger.
Il fait de même, évidemment. Chacun voit donc son intérêt, une bonne affaire étant une affaire où les deux parties se satisfont du deal.

Trop perfectionniste (un de mes défauts) je passe des heures et des heures à peser chaque mot, chaque virgule, à faire et défaire le contenu du profil pour produire un texte honnête. Au vrai sens du mot, c’est-à-dire un texte reflétant fidèlement la réalité d’un parcours et d’un homme. 

La difficulté est de pas se surestimer en se présentant comme le sauveur de l’humanité et pas non plus de sous évaluer les acquis d’une histoire personnelle forte et sortant de l’ordinaire.

Bon… faisant du mieux possible, je publie le texte.

Les jours passent, le profil fonctionne bien, les demandes de contact sont nombreuses, RAS, tout va bien. Et je me dis que le profil tient la route car il n’en fait ni trop ni trop peu.

Soudain, surprise, un ami m’interpelle.

  • Dis donc JL, tu es quand même gonflé !
  • Gonflé ? Pourquoi ?
  • Tu as vu ton profil Linkedin ?
  • Beh… oui bien sûr, j’ai passé des heures dessus. Qu’est ce qui cloche ?
  • Cela ne te dérange pas de parler de toi à la troisième personne ?

Là, je tombe des nues et, comme un mort de faim, je me précipite sur le profil.
Ça alors, c’est vrai, mon ami a raison, le texte parle de moi à la troisième personne.

Le dialogue reprend.

  • Tu as raison mais c’est volontaire, par souci de modestie justement !
  • Tu plaisantes ? Lis le texte. Mooosieur Hudry a fait ceci, IL est conférencier en optimisme opérationnel, IL a été chef d’entreprise, IL est auteur, et tutti quanti, on dirait le panégyrique de la reine d’Angleterre.
  • Écoute… je ne sais pas quoi te dire, il m’a semblé que cette présentation était beaucoup plus modeste que de bombarder le lecteur de JE : j’ai fait ceci, j’ai fait cela, mon entreprise, mes équipes, mes conférences, et ainsi de suite…

Éclat de rire de cet ami.

  • Tu n’as rien compris au web 2.0. Aujourd’hui, sur les réseaux et sur LinkedIn, tu dois dire JE, tu dois dire Suivez-MOI, abonnez-vous à MA chaine, regardez MA dernière vidéo, faites-MOI intervenir en conférence, tu comprends ?
  • Bah … oui mais, justement, ça fait le gars qui a le melon, non ?
  • Non, ce sont les codes du web. Si tu veux être encore plus suivi, fais ce que je te dis.

Un peu étourdi par cette démonstration et cette invitation ferme de mon ami – un spécialiste-  dès le lendemain JE réécris MON profil Linkedin.

Son enseignement a du bon, cela dit à vous d’en juger et si j’osais…allez, j’ose.

Rejoignez-MOI 

Aujourd’hui le JE omniprésent me dérange toujours un peu mais bon, là aussi, s’adapter est important. Et puis, la communication à des lecteurs sur un réseau et celle en direction de collaborateurs est bien différente… ouf cela m’arrange.

Qu’en retirer ?

Codes web 2.0 ou pas, il subsiste quelques fondamentaux incontournables s’agissant du management de vos collègues et de vos collaborateurs. 

Car, sans jeter le bébé avec l’eau du bain, et en gardant du recul, on observe le renforcement quotidien d’un besoin fort : plus d’humain et plus de reconnaissance de chacun dans son job. Tous niveaux et tous âges confondus.

D’où cet étonnant paradoxe.
D’un côté la communication personnelle privilégie le « JE ».
De l’autre, on évolue de plus en plus dans le partage, le collaboratif, le co-développement, le coworking, c’est-à-dire des pratiques qui, précisément, délaissent le JE au profit du NOUS.

Comment tourneront les choses ? Entre ces deux approches qui l’emportera ? Peuvent-elles d’ailleurs durablement cohabiter ? Nul ne le sait, peut-être un savant mélange de JE et de NOUS s’imposera-t-il à long terme.

Quoi qu’il en soit, JE n’en démords pas, si vous êtes membre d’une équipe ou si vous en managez une et que vous voulez gagner en cohésion et en efficacité, faites un peu moins de place au JE et un peu plus au NOUS.

Votre groupe répondra toujours mieux, et trouvera d’autant plus de sens à son action, que le NOUS y sera la règle et le JE l’exception.

Bien évidemment, ne sombrez pas dans la démagogie et dites les choses. Si toute la force de vente a essayé sans succès de convaincre le client TAPDUR d’acquérir votre produit et que vous seul y êtes parvenu, vous avez bien le droit, de dire « J’AI convaincu TAPDUR ».

Espérons seulement que votre boss aura pensé à le dire à l’équipe avant que vous n’ayez besoin de le faire.

En définitive, pour le bien de tous, introduisez cette motivante pratique managériale, adaptée à son époque et aux défis qui frappent à la porte.

Créer le collectif n’est pas une vaine expression mais un besoin contemporain puissant, à ne pas confondre, évidemment, avec le collectivisme. Or, face à l’adversité, le NOUS fédère, le NOUS rassemble, le NOUS unit là où le JE fais « petit bras ».

Le NOUS diffuse l’image d’un groupe qui fait corps et pousse d’un bloc. Le JE diffuse celle du gars dans son coin, brillant peut-être, mais seul ou qui a une haute opinion de lui.

Et comme réussir demain, c’est s’organiser aujourd’hui, multipliez vos chances de réussite en valorisant cette pratique managériale. Ceux qui l’ont fait s’en félicitent, ceux qui la découvrent s’en féliciteront.

A vous maintenant.

Dans un premier temps examinez vos habitudes. Êtes-vous dans le « moi, je » ou dans le « nous » ?
Pour renforcer l’unité, la cohésion et l’envie de vos collègues et collaborateurs, vous savez désormais où placer le curseur ! Oui, c’est vraiment le moment.

Ça marche aussi à la maison !

Vous connaissez probablement quelqu’un qui, dans votre cercle relationnel, est adepte du « moi, je, personnellement, moi-même ». Si c’est vous, euh…  relisez vite les lignes du dessus et corrigez le tir.

Nous remercions vivement  Jean-Luc HUDRY, Conférencier, Auteur de plusieurs ouvrages. , dont le dernier paru aux éditions Maxima Laurent du Mesnil (5 novembre 2020), « L’optimisme opérationnel – Vaincre l’adversité« , de partager son expertise professionnelle avec nos fidèles lecteurs de www.managersante.com

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