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Peut-on définir les contours de la résilience ? Eugénie THEVENON nous livre ses réflexions (Partie 3/3).

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Nouvel article rédigé par notre experte, Eugénie THEVENON, Infirmière en santé mentale,  coach professionnelle certifiée, formée à l’école de coaching Linkup Coaching (Accrédité EMCC Praticien Senior, European Quality Award – EQA) et spécialisée en thérapie brèves, elle est accompagnatrice au changement. 

N°20, Mai 2021

Relire la 2ème partie de cet article.

Voici en conclusion de cette initiation au concept de résilience, le 3ème volet qui clôture cette série d’articles, inspiré en très grande partie du travail de recherche de Boris Cyrulnik.

Nous aborderons aujourd’hui le concept à proprement parler de la résilience. Nous verrons ce qu’elle est, ce qui la favorise et ce qui peut aussi la limiter.

Comment le coup du sort peut consumer l’individu blessé honteux s’il reste isolé et muet.

Comment les personnes meurtries par la vie  s’en sortent, et quels mécanismes elles  mettent en place pour dépasser l’impensable l’im « pansable ».

Je vous propose donc  de ce pas de me suivre dans cette « échappée belle » et ce retour à la vie..

Commençons donc si vous le voulez bien par définir ce qu'est la résilience :

Boris Cyrulnik définit la résilience comme la reprise d’un nouveau développement après une agonie psychique.

A l’image d’un feu de forêt qui dévaste tout l’environnement la faune et la flore, le vivant renaît petit à petit avec le temps qui lui est nécessaire pour transformer le chaos de l’incendie en terreau fertile à un nouvel élan de vie.

Les espèces, (d’autres parfois) (re)naissent, s’adaptent à ce nouvel espace et se réorganisent. Elles créent par cette poussée de la vie un écosystème naissant différent de l’ancien.

La résilience est un processus dynamique et évolutif qui s’organise et se meut à partir de la synergie  d’un ensemble d’éléments personnels propres à l’individu et aussi extérieurs à lui comme son environnement et sa culture. Les espèces, (d’autres parfois) (re)naissent, s’adaptent à ce nouvel espace et se réorganisent. Elles créent par cette poussée de la vie un écosystème naissant différent de l’ancien.

Comme le chaos résultant de cette forêt qui a brûlé, – les  spécificités du terrain sur laquelle elle s’épanouissait, les qualités de la terre et des essences d’arbres du milieu, les insectes qui réapparaissent en premier pour coloniser l’espace, la météo favorisante ou non – la vie a son rythme bien à elle, et reprend ou pas, plus ou moins abondamment si les conditions nécessaires sont réunies.

La résilience est un processus complexe où facteurs psycho-affectif relationnels culturels et sociaux interagissent avec les spécificités de l’individu (âge, personnalité, ressources, affectivité, mécanismes de défense utilisés…). Ils remobilisent à des degrés variables la force de vie de la personne blessée en modifiant très souvent sa trajectoire  initiale vers de nouveaux intérêts de développement.

Les processus résilients se construisent suite à des événements traumatiques réels : viols, attentats, maltraitances, décès, ruptures violentes… (cf : relire la 1ère partie et la 2ème partie).

Face à ces situations violentes et tragiques,  des personnes surmontent comme elles  peuvent l’adversité, s’adaptent et reprennent le cours de leur vie sans décompenser de troubles mentaux sévères. Elles cheminent alors vers la résilience.

La cicatrisation et la reprise d’un développement de vie sont corrélées à l’association de différents éléments :

Des facteurs internes à la personne comme :

  • un niveau intellectuel moyen,
  • une bonne estime de soi,
  • savoir planifier,
  • être capable de s’adapter et de résoudre des problèmes,
  • avoir des compétences relationnelles (notamment l’empathie et la capacité a créer du lien),
  • faire preuve d’altruisme,
  • être autonome,
  • avoir des valeurs morales…

Des ressources externes facilitatrices du déclenchement du processus :

Dans la famille par le biais

  • d’une cohésion familiale,
  • de relations ou il existe une stabilité émotionnelle,
  • de la présence d’une personne qui apporte du soutien comme le conjoint par exemple.

Dans l’environnement social quand celui-ci est étayant et vecteur de positivité, à l’école par exemple, dans des groupes sociaux (sportifs, associatifs, spirituels, culturels…). 

Selon  que le traumatisme soit :

  • « simple » multiple ou complexe,
  • qu’il soit contextuel au climat de la ville/du pays  en lien à un événement externe au cocon affectif de l’individu (attentat par exemple),
  • causé par un abus d une personne extérieure au cercle proche (agression dans la rue),
  • émanant d’un abus causé par une personne qui gravite dans la sphère affective proche de la personne ( attouchements, inceste, maltraitances, violence…),

La capacité à lier de la personne va être directement et plus au moins profondément impactée. Cela peut conduire à un isolement affectif, et des  carences dans les besoins relationnels (à l’image des carences en minéraux qui ont des impacts sur la santé du corps)  à l’origine d’un déclin personnel.

Les conséquences en termes d’impact diffèrent donc. Si le traumatisme émane des premières figures d’attachement, moment  crucial de la construction affective, la capacité à faire confiance à l’autre et à tisser des liens, dans lesquels on se sent en sécurité, peuvent être fortement altérées.

La construction des liens affectifs : terreau protecteur favorisant le processus de résilience

Les premiers liens affectifs de l’enfant  se tissent avec  la mère (et/ou  les personnes qui s’occupent de lui) à travers les interactions,  les soins, l’éducation et la protection  qui lui sont donnés. Ils sont  les prémices de son modèle intérieur d’attachement sécure ou insécure  à venir, un terreau de résistance au stress et aussi  de vulnérabilités.  

Ce modèle n’est pas figé. Les schémas sont modelables avec les rencontres tout au long de la vie.  Des liens secondaires viennent renforcer ou transformer les premières représentations affectives. Ainsi les relations amoureuses futures sont susceptibles d’aider à réparer les premiers patterns affectifs appris.

Les liens d’attachement assurent la survie physique et psychique de l’enfant. Ils sont les précurseurs notamment de sa capacité  à se sentir en sécurité dans  la relation avec un autre,  à exprimer ses émotions et ses besoins  librement, à demander de l’aide et recevoir du réconfort.

Le modèle d’attachement que l’on développe dépend des soins que l’on reçoit petit  et aussi de l’état émotionnel intérieur que vit  la maman au moment ou elle s’occupe de son enfant.

Si le contexte dans lequel elle  évolue est anxiogène voire traumatique,  (guerre, situation de conflit, violence intrafamiliale, isolement affectif…), cela a une incidence directe sur l’ enfant et vient abîmer le vécu de sécurité dans le  lien,  bloquant ainsi la maturation de son développement cognitif. 

Boris cyrulnik explique que lorsque la mère stressée est sécurisée, l’enfant se sécurise à son tour et reprend un développement normal. 

Si l’enfant a été accueilli dans ses émotions et sécurisé par les bras des parents pour réguler ses émois, alors il intègre inconsciemment un modèle relationnel aidant. Celui qui lui est proche affectivement peut être une base étayante vers lequel il peut se diriger pour aller chercher en cas de besoin de la sécurité du soutien et du réconfort.

A l’inverse, s’il apprend dans ses interactions à ne pas faire confiance, que sa figure d’attachement n’est pas fiable et n’est pas en mesure de l’aider, qu’il doit se débrouiller seul, il acquiert alors une vulnérabilité dans sa capacité de liaison à l’autre qui peut en cas de traumatisme le conduire à l’isolement.

Cependant rien n’est figé. Une rencontre peut complètement bouleverser ce qui a été écrit   inconsciemment initialement, permettant à celui qui a été blessé d’éprouver un élan affectif – le transfert positif – et de recommencer à cheminer autrement.

Un peu comme un révélateur de la valeur de soi oubliée et cachée, cet autre à l’écoute, bienveillant,  au regard considérant , réchauffe et sécurise cette partie de soi gelée et abîmée par le passé. C’est le tuteur de résilience.

Sans forcement en avoir conscience, juste parce qu’il fait les choses avec son cœur,  par sa posture, son accueil, sa chaleur, son œil affûté à la beauté, il voit  les possibles chez l’autre. Il lui fait ce cadeau inestimable de l’espoir et cautérise sans le savoir une partie de son estime de soi toute cabossée. Il peut enfin se redresser et avancer.

Et concrètement comment  se passe la résilience  ?

Il y a deux phases.

La réaction immédiate face au choc où la personne résiste à la désorganisation psychique  par la mise en place de mécanismes de défense d’urgence transitoires, afin de faire face à la détresse, s’adapter à la violence de réalité du moment, éviter l’effondrement et garder un certain équilibre.

La deuxième phase, elle,  concerne l’élaboration post –  traumatisme et la recherche d’un sens. Suite à la fracture psychique crée par l’événement, une réorganisation des représentations internes se met en place au contact d’un autre, pour tenter d’ intégrer le traumatisme à sa trajectoire de vie, le mentaliser, en faire un récit construit en lui donnant du sens. D’autres mécanismes de défense plus matures entrent alors en jeu dans le processus  (l’intellectualisation, l’humour, la créativité…).

Des chemins de vie se trouvent complètement réorientées vers d’autres objectifs soulevés transportés et profondément animés par cette puissance de vie qui a jailli de « ce soi »  qui a été blessé. Celui qui a souffert répare ainsi  ce qui lui est arrivé.

Ce processus n’est pas linéaire, et parfois cela peut prendre le temps d’une vie selon l’adversité à laquelle nous avons été confronté, et aboutir ou non. Ce n’est jamais réellement acquis. Parfois, on est plus fort et on grandit, des fois on est complètement démoli si les conditions fondatrices protectrices et réparatrices ne sont pas réunies.

La pseudo résilience :

Certaines personnes semblent s’adapter et reprendre le cours de leur vie très vite après l’événement comme si de rien n’était. Elles vont de l’avant trop rapidement, et surinvestissent des activités en tout genre.  Elles ont l’air à première vue peu marquées par ce qu’il s’est passé. En fait  elles  mettent en place des stratégies compensatrices pour se déconnecter de la douleur intérieure et des conséquences du traumatisme . Une forme de déni de la souffrance émotionnelle se met en place. Elle est enfermée dans une boite et clivée. La personne fuit par survie pour ne pas être engloutie. Le risque de cette hyper-adaptation est l’effondrement  psychique ultérieur, parfois même des années après quand cette défense s’est mise en place dans la durée. Ces mécanismes de survie  limitent le processus d’élaboration psychique et empêchent  la résilience.

Les facteurs limitants le processus de résilience :

L’isolement

Dans le film « seul au monde« , on se rend compte à quel point la présence d’un autre est primordial et comment un individu peut souffrir de la solitude au point de mettre en place des stratégies de survie pour pallier au manque de nourritures relationnelles et au désert affectif  avant de perdre la raison. Tom Hanks humanise son ballon qu’il nomme Wilson  afin d’avoir un compagnon avec qui partager son quotidien. Si on est seul, on a peu de chance de reprendre un développement. L’être humain est un être de relation et de lien. On se construit et on grandit grâce à l’altérité. Avoir dans son entourage des personnes sur lesquelles on peut compter en cas de coup dur est fondamental.

L’isolement entraîne une souffrance psychique réelle qui peut être à l’origine de conséquences graves. Les nourritures relationnelles sont indispensables à notre santé mentale et émotionnelle. Nous avons besoin de  manger pour vivre et d’une alimentation saine  qui apporte  les minéraux nécessaires au corps pour fonctionner se réparer et cicatriser lorsque nous avons un problème de santé. Dans le processus de résilience psychologique c’est pareil, l’alimentation relationnelle  à travers les échanges humains affectifs est essentiel pour redonner un élan. C’est un carburant psychologique et un catalyseur de  catharsis.

Le non sens

Pour être résilient, nous avons besoin de trouver un sens à ce que nous vivons. Chercher à comprendre et donner un signification à ce qu’il nous est arrivé, c’est comme reprendre du pouvoir sur sa vie et redevenir acteur de soi. C’est réparé son identité qui a été blessé et se réinventer. Le non sens crée la confusion dans l’esprit. Cela bloque la pensée et peut avoir un effet  sidérant.

La construction d’un sens est essentielle pour remettre du mouvement et une direction dans le cheminement de l’individu. Réorienter sa trajectoire de vie initiale et faire éclore de ce chaos un nouveau sens à l’existence. Redevenir acteur de sa vie.  Que cela ne soit pas arrivé en vain.

Si je ne comprends pas ce qu’il m’arrive, je me retrouve hébété, désorienté sans boussole pour me guider dans une direction donnée. Je suis figé.

Chercher un sens pour impulser une nouvelle dynamique, de nouveaux objectifs de vie, des vocations…Se servir de ce qu’il nous est arrivé pour créer, pour se raconter, pour une cause et s’y mobiliser…

La honte

La honte est une émotion mixte vécue par rapport à l’opinion  des autres. Version sociale de la culpabilité, elle fait surface lorsqu’une partie de nous qu’on juge négativement est vue par les autres. Cet  aspect que nous mésestimons provoque un vécu interne d’humiliation lorsqu’il est confronté au jugement moral de l’autre, en vrai ou en imagination. Son vécu est adapté si elle met en avant un comportement ou une manière d’être que je reprouve qui sort de mon cadre de valeur. Elle m’invite alors à modifier ce qui est pointé du doigt.

Elle peut être aussi la conséquence d’un traumatisme. Elle est alors appelée honte toxique. La honte toxique est un poison de l’âme. C’est un frein puissant au retour à la vie. Elle enferme et isole. Elle empêche par le vécu éprouvé de se socialiser. Elle incite à rester tapit dans l’ombre, bien caché à l’abri des regards, par peur de ce vécu d’indignité, illusion  que le traumatisme a crée dans la psyché ou appropriation erronée de ce qu’on nous a dit (et qui est faux) lorsqu’on a tenté de se confier ( par exemple : tu l’as bien cherché).

Et maintenant si vous le voulez bien pour conclure, allons un peu plus loin illustrons et ouvrons...

  • Transformer le malheur en poésie,
  • Magnifier par l’art et l’écrit la douleur endormie,
  • Rendre beau ce qui a été dévastateur qui hurle et qui pleure encore  à l’intérieur.
  • Utiliser et mettre à profit ce qui détruit pour construire.
  • Se saisir de cette brûlante rage de vivre dans les tripes et poursuivre.
  • S’en servir comme une force, une puissance de vie plus que motrice,
  • Pour  tracer un nouveau chemin déviant de celui prévu initialement,
  • Créer une illustre épopée fantasmée, et triompher de l’adversité…

Une personne qui vit l’impensable peut mais pas nécessairement taire et masquer sa douleur et la tragédie à l’intérieur. Elle se clive alors de cette partie blessée d’elle même et saigne en silence.

Parfois elle n’a pas les mots, parfois elle craint la réaction de ses prochains. Peur d’être jugée, montrée du doigt, raillée, accusée d’exagérer. Peur de gêner, de déranger, d’être rejetée.

Peur d’exprimer ce que tout le monde sait et qui sous couvert de l’équilibre  pour éviter l’éclatement du groupe est tu. Tu aussi parfois par   loyauté pour préserver la cohérence souffrante sur laquelle le groupe s’est formé.

La « micro »société  « familiale » pour ne donner qu’un exemple de groupe humain, où chacun a son rôle propre mais pas tout le temps bien identifié par la communauté. Où modifier  la juxtaposition des dominos mis côte à côte, pour dessiner une autre figure, un autre parcours, pour raconter plus justement un événement,  reviendrait à risquer un effondrement des fondations du système. Frôler voire provoquer à certains moments  une séparation, et à d’autres des chaos, individuel et/ou collectif.

Dans l’imaginaire de certains êtres humains (qui ont appris ce mode relationnel), le « avoir un peu même si ça  fait mal » plutôt que « le désert affectif » fantasmé ou suggéré inconsciemment, c’est quant même de la nourriture relationnelle même si dieu sait que ça coûte. C’est mieux que rien, et tellement   rassurant puisqu’ appris initialement.

Et  pourtant un remaniement des rôles avec des frontières et une communication saines, où chacun est à sa juste place et connaît son « rôle » ses « missions »,

  • parents, enfants, grand parents, dans la famille,
  • en entreprise collaborateurs managers, assistants,
  • dans la société,
  • dans le vivant qui nous entoure et qu’on a oublié depuis de nombreuses années de considérer.

Où chacun est en lien avec ses limites et celles des autres et les respectent.

Autant de bases  pas toujours acquises qui préservent des confusions et des abus déstructurants. Une revisite du lien (à soi à l’autre, au temps et à l’environnement), un réajustement des interactions et des échanges pourraient concourir à être le terreau d’une transition pour construire et avancer autrement en se réinventant individuellement, environnementalement et socialement plus sainement.  

Parfois il/elle a peur de ne pas être cru(e). Que les gens s’aperçoivent qu’il/elle a  une quelconque responsabilité dans ce qui lui est arrivé(e) (biais de son esprit bien entendu et/ou conséquence du message faux qu’on lui a fait intégrer).

D’autres fois, c’est sa douleur qui est infectée par la honte. La honte toxique ! Celle qui donne envie de se cacher et d’éviter les autres. Celle qui isole socialement. 

Conséquence et séquelle asphyxique du traumatisme qui grave dans son esprit une lecture humiliante et culpabilisante de sa capacité à être, à être accepté, intégré.

C’est fameuse honte purulente tel un abcès qui infecte l’estime de soi. Elle rajoute un poids supplémentaire au scellé déjà imposé par le silence forcé.

Muet  comme une tombe, une vraie chape de plomb étouffe cette part de vie à vif et blessée, que souvent la personne pour continuer à vivre et se protéger a  mis dans une boite intérieure qu’elle a soigneusement cadenassé.

Je pense à ces personnes que j’ai rencontré dans le cadre de mon métier d’infirmière qui pendant des années ont gardé caché au fond d’eux les larmes qu’ils auraient du avoir dans les yeux.

Pour les  hommes c’est bien connu on ne pleure pas. Pleurer c’est pour les faibles les minables, les femmelettes ! Il est  interdit de pleurer de se laisser aller et de s’émouvoir ! Avoir mal c’est dans la tête, un homme un vrai c’est dur !!! Il faut serrer les dents et encaisser les coups du sort… Ravaler ses tripes ses larmes, et sa salive… Se taire et avancer… Peu importe les traces laissées dans la psychée…

Et puis il y a aussi la culpabilité. La culpabilité cuisante et pesante du survivant. Celle d’être le préféré, ou bien le mal aimé. Celle de ne pas être assez, de ne pas en avoir fait assez ! Celle de l’avoir bien chercher, de l’avoir provoqué, de l’avoir bien mérité !!!

Autant d’injonctions et de représentations biaisées qui bloquent le processus de cicatrisation. Cela mobilise et consomme une très grande énergie de vie. Pollue de manière insidieuse l’esprit de celui ou celle qui a été transi(e) . Ligoté au passé, incapable de mettre en mots et d’apaiser les émotions enfouies cachées non exprimées.

Remanier la représentation du vécu par la parole avec un « autre »permet de reprendre le pouvoir  de sa vie et d’apaiser les empreintes émotionnelles laissées par le ou les traumatisme(s) passé(s).

Alors si vous êtes blessé, ne restez pas esseulé, faites vous aider, et surtout prenez soin de vous…

Nous remercions vivement Eugénie THEVENON, Infirmière en santé mentale,  coach professionnelle certifiée, formée à l’école de coaching Linkup Coaching (Accrédité EMCC Praticien Senior, European Quality Award – EQA) et spécialisée en thérapie brèves, elle est accompagnatrice au changement, pour partager son expertise professionnelle auprès de nos fidèles lecteurs de ManagerSante.com

Biographie de l'auteure

Eugénie THEVENON , Infirmière en Santé Mentale depuis 2010, exerce dans différents services, notamment en centre de réinsertion psychosociale en santé mentale, en service d’admissions psychiatriques ainsi qu’aux urgences.
Elle intègre l’école de coaching Linkup Coaching (Accrédité EMCC Praticien Senior, European Quality Award – EQA) et obtient un Master 2 en se spécialisant en communication interpersonnelle à l’assertivité.
Elle poursuit ensuite sa route avec la PNL (programmation neuro linguistique) et obtient le titre de maître praticien (certifiée NLPNL et INLPTA).
Sur son chemin, Eugénie rencontre l’hypnose et se forme à l’Arche, école réputée de Kévin Finel. Elle complète sa caisse à outils avec de précieuses clefs, l’hypnose et aussi le RITMO (déclinaison de l’EMDR) de Lili Ruggieri.
Elle a également ouvert son cabinet Ter’Happy, qui a pour objectif d’aider les personnes à créer par eux même, grâce à leur ressources intérieures, le changement et l’apaisement auxquels ils aspirent.
ManagerSante.com soutient l’opération COVID-19 et est partenaire média des  eJADES (ateliers gratuits)
initiées par l’Association Soins aux Professionnels de Santé 
en tant que partenaire média digital

 Parce que les soignants ont plus que jamais besoin de soutien face à la pandémie de COVID-19, l’association SPS (Soins aux Professionnels en Santé), reconnue d’intérêt général, propose son dispositif d’aide et d’accompagnement psychologique 24h/24-7j/7 avec 100 psychologues de la plateforme Pros-Consulte.

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2 réponses

  1. merci, Eugénie Thévenon, pour votre article et votre appropriation sur un plan professionnel des apports théoriques de Boris Cyrulnik. Toutefois, et si j’ai bien compris le sens des travaux de Boris Cyrulnik, il me semble essentiel de ne pas perdre de vue que la personne affectée par des événements de nature traumatique ne peut activer cette résilience nichée en elle que si se produit la « rencontre » avec un « tuteur de résilience ». Cette condition, certes esquissée en filigrane dans votre article, est absolument nécessaire pour que, se saisissant de l’appui d’un autre que soi, la personne impactée puisse enrayer la spirale du traumatisme, de la fuite (en arrière ou en avant), de la honte, de la haine, etc. Ce rappel me paraît essentiel afin d’endiguer une tendance lourde à rendre la personne vulnérable seule responsable du processus de construction ou de reconstruction d’elle-même. Très cordialement.

    1. On cicatrise des blessures avec la relation à l autre oui effectivement, et le tuteur de résilience est indispensable et encore plus aux plus meurtris de la vie, qui souvent fuient et/ou testent le lien par protection voire l abîment par survie. C est leur capacité à être en lien qui a été blessée. Et cela prend du temps. Créer un espace secure ou l’autre est accueilli accepté et respecter dans son entier, reconnu et considéré est initiateur d une réelle cicatrisation.
      Merci pour votre réaction.
      Bien à vous,
      Eugénie Thevenon.

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