« L’homme relationnel » peut-il engendrer la « fraternité », en tant que « personne » ? Réponse du Professeur Eric DELASSUS (3ème partie)

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N°17, Octobre 2018


 

Article écrit par Eric, DELASSUS, (Professeur agrégé (Lycée Marguerite de Navarre de Bourges et  Docteur en philosophie, Chercheur à la Chaire Bien être et Travail à Kedge Business School). Il vient de co-publier un nouvel ouvrage le 25 Septembre 2018 intitulé « Ce que peut un corps« , aux Editions l’Harmattan, sous la direction d’Eric Delassus et Sylvie Lopez-Jacob.  Ses recherches portent plus particulièrement sur des questions d’éthique (médicale, managériale, ou sur les nouvelles technologies) et les usages actuels de la philosophie de Spinoza. 


Relire la 2ème partie de son article

 

Nous allons donc tenter à partir de cette conception de l’homme, comme être relié, de penser différemment la notion de personne afin de conserver les vertus émancipatrices de la perception de l’homme en tant qu’individu, sans pour autant occulter sa dimension relationnelle.

Si la naissance de la notion d’individu a permis aux hommes, principalement dans la tradition occidentale, de se penser comme des êtres libres et égaux en droit, elle n’a pas suffisamment insisté sur les liens qui les unissent nécessairement et étroitement les uns aux autres. Si l’émergence de l’individu a permis les progrès de la liberté et de l’égalité, elle n’est peut-être pas en capacité d’engendrer la fraternité et c’est probablement par le renouvellement de la notion de personne que cette tâche peut être accomplie.

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Pour une conception relationnelle de la personne

La référence à Spinoza pour penser la personne peut surprendre ceux qui connaissent un tant soit peu sa philosophie[1].

En effet, si l’on s’efforce de lire attentivement son œuvre on n’y trouve que très rarement le terme et jamais au sens où il désignerait ce qui fait la valeur singulière de l’homme. Cela n’a rien de surprenant. Si l’homme n’est pas dans la nature «comme un empire dans un empire», cela signifie qu’il est dans la nature un être comme les autres. La question se pose donc de savoir pourquoi il aurait plus de valeur que les autres. Cette conception de l’homme remet en cause la liberté définie comme libre arbitre. Aucune chose dans la nature ne pouvant être considéré comme cause première de ses actes, il en va de même pour l’homme et en ce sens la philosophie de Spinoza peut être considéré comme un déterminisme intégral.

On pourrait donc en conclure que, du point de vue de cette philosophie, l’homme n’a pas plus de valeur que n’importe quelle autre chose et qu’il n’est donc pas légitime de l’élever à la dignité de personne. En effet, si l’on considère comme Emmanuel Mounier, le fondateur du personnalisme, que l’homme est une personne parce qu’il dispose de «la capacité de rompre avec la nature[2]», il n’est d’aucune manière envisageable de penser la personne dans un tel contexte philosophique.

Une autre approche de la personne est cependant possible si, au lieu de partir d’une conception substantielle de la personne – l’homme serait d’une nature radicalement différente des autres réalités, parce qu’il serait doté d’une âme par exemple – , l’on se fondait sur la puissance relationnelle de l’homme – l’homme ne serait plus alors considéré en soi comme une personne, mais les hommes seraient considérés comme des personnes les uns pour les autres et les uns par les autres.

On pourrait donc opposer ici une valeur relative de la personne – c’est par leurs relations que les hommes deviennent des personnes – à une valeur absolue de la personne.

Ainsi, de même que Spinoza, en remettant en question la thèse du libre arbitre, ne renonce pas à la notion de liberté mais la pense autrement, nous pouvons, en nous inspirant de sa démarche, contester la conception traditionnelle de la personne et en produire un concept différent.

Si, pour Spinoza, l’homme est dans la nature un être comme les autres, il n’est pas pour autant un être quelconque. En effet, «l’homme pense[3]» – à distinguer de l’ego cogito cartésien, nous ne sommes pas dans une philosophie du sujet, là où Descartes parle à la première personne, Spinoza s’exprime à la troisième personne , par conséquent bien que déterminé, il est en mesure de penser les causes qui le déterminent et c’est ainsi qu’il se donne le moyen de conquérir sa liberté.

Cela nous conduit alors à penser que les hommes ne naissent pas avec le statut de personne, mais l’acquiert par le regard qu’ils portent les uns sur les autres, par la compréhension des déterminations qui traversent leurs existences.

Cette dimension relationnelle de la personne nécessite cependant pour être mieux comprise que soit retracée brièvement l’évolution des différentes acceptions de ce terme afin de mettre en évidence l’enchevêtrement des aspects substantiels et relationnels qui se tissent au cours de son histoire.

Quels sont les origines de la notion de la « personne » ?

 

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1/ L’origine théâtrale de la personne

À l’origine du terme de personne on trouve le mot latin persona  qui désigne le masque que portaient les acteurs du théâtre antique et au travers duquel ils déclamaient leur texte. Comme le fait remarquer Norbert Elias :

Le terme persona se rapportait encore à quelque chose de tout à fait spécifique et tangible. Il désignait pour commencer le masque à travers lequel les acteurs déclamaient leur texte. Quelques spécialistes tendent à penser que le mot persona viendrait du verbe personare, en quelque sorte « résonner à travers quelque chose »[4].

Si cette étymologie évoque plus la notion de personnage que celle de personne, elle n’en est pas moins intéressante car elle met au jour la dimension publique de la personne. Si les notions de personne et de personnage ne sont pas si éloignées, c’est peut-être parce qu’elles révèlent précisément la dimension relationnelle de notre existence. Sans pour autant chercher à tromper notre monde, nous jouons sans cesse des rôles dans notre vie sociale, nous adoptons notre personnalité aux différents contextes dans lesquels nous sommes invités à évoluer.

Je ne suis pas exactement le même au travail, en famille ou avec mes amis, ce qui ne signifie pas que je ne suis pas authentiquement moi-même dans chacune de ces situations. C’est précisément le regard des autres qui va orienter la manière dont je vais moduler mon comportement, la forme que va prendre ma personne en fonction des circonstances. On pourrait, certes, interpréter cette conduite en termes de dissimulation, je mets un masque pour cacher ma véritable personnalité, mais la référence à l’étymologie persona permet une autre interprétation. Le masque que portaient les acteurs dans le théâtre est en effet un masque qui cache tout autant qu’il révèle, il permet au public de savoir à qui il a affaire, de reconnaître le type de personnage que joue l’acteur.

De même, dans la vie sociale les rôles que nous endossons remplissent cette fonction. Ainsi, dans mon travail, quelles que soient mes fonctions, je dois me présenter en adoptant l’attitude qui convient à celles-ci. Procéder autrement relèverait de  la démagogie et brouillerait les repères nécessaires au respect de la personne. Le professeur qui «copine» avec ses élèves, le manager qui fait comme s’il n’y avait pas de différence hiérarchique entre lui et ses subordonnés, ceux-là trompent leur monde et sont certainement moins respectueux de ceux sur qui il exerce une autorité que ceux qui jouent franchement le jeu. De ce point de vue l’analyse de l’origine étymologique du terme de personne est riche de conséquence car elle nous indique qu’il y a dès l’apparition de ce mot des éléments d’ordre relationnel qui ressortent. La personne, c’est tout d’abord ce qui entre en relation avec un public.

Et si c’est en tant que personne que chacun d’entre nous participe à la vie sociale, il n’est pas non plus étonnant que cette notion tire également son origine de ce qui a pour fonction de régler les relations à l’intérieur de la société, c’est-à-dire le droit.

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2/ L’origine juridique de la personne

Le droit romain donne, en effet, sa place à la notion de personne. Il ne s’agit certes que de la personne juridique et pas encore de la personne au sens moral ou éthique de ce terme, mais l’usage de cette  notion permet d’établir des distinctions qui sont encore opératoires aujourd’hui. La personne juridique désigne un sujet ayant des droits et des devoirs envers la cité. C’est dans ce cadre que sera pensée la distinction juridique entre les choses et les personnes qui fait que, dans le droit français en tout cas, on ne peut faire d’une personne (soi-même ou une autre personne, partiellement ou en totalité) une marchandise (problème du commerce des organes ou de la GPA, par exemple).

Cette distinction dépasse d’ailleurs la sphère juridique pour concerner la sphère éthique et devrait nous conduire à nous interroger sur le véritable sens de nos pratiques dans la manière dont nous conduisons nos existences et nos relations aux autres.

Ainsi, il serait certainement très pertinent et probablement salvateur de remettre en cause la manière dont usons du verbe gérer dans notre discours. De nos jours tout se gère, il faut gérer ses émotions, sa vie sentimentale, sa vie familiale, sa carrière et dans les administrations et les entreprises on gère les relations humaines.

Autrement dit, on applique, à ce qui est d’ordre qualitatif, subjectif et intersubjectif, un terme emprunté à une logique comptable, à une rationalité de type mathématique faite pour évaluer et organiser des quantités objectivement mesurable.

Il ne s’agit pas, bien évidemment, de mépriser ici le travail des gestionnaires, il va de soi qu’il est souhaitable que les administrations, les entreprises, l’État soient bien gérés pour qu’ils puissent satisfaire les intérêts de tous. Mais, cette logique gestionnaire a ses limites, on gère des choses pas des hommes, pas des personnes. On ne traite pas les êtres humains comme un stock de marchandises et ce, pour la simple et bonne raison que chaque homme est pour les autres hommes un être avec qui l’on échange et non un être que l’on échange (ce qui explique d’ailleurs le caractère profondément immoral de l’esclavage).

La personne humaine n’est pas objet, mais sujet de l’échange.

Marx l’a d’ailleurs bien compris lorsqu’il explique que, dans le système capitaliste, le travailleur salarié ne se vend pas, pas plus qu’il ne vend son travail, mais qu’il échange uniquement contre son salaire sa force de travail. Autrement dit ce que l’on gère dans une entreprise c’est la force de travail des hommes, pas les hommes eux-mêmes. Le problème c’est qu’en gérant cette force de travail on est aussi obligé de prendre en considération ceux qui la mettent en œuvre, il faut alors prendre conscience qu’à ce niveau on n’est plus dans la gestion mais dans l’éthique. On peut comprendre qu’il puisse être nécessaire dans certaines conditions de licencier du personnel, il n’empêche que si l’on veut le faire de façon humaine on ne peut se contenter d’une démarche purement gestionnaire.

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Certes, l’économie n’a rien à voir avec la morale, mais c’est précisément pour cela (comme le fait remarquer André Comte-Sponville[5]) que la morale est nécessaire pour la rendre plus humaine. Les nécessités économiques ne sont en rien une excuse à l’immoralité, sauf pour les esprits de mauvaise foi. Si le capitalisme est, en tant que système économique, amoral, il n’interdit pas aux individus qui sont les acteurs de la production et des échanges d’agir moralement, de ne pas considérer les personnes comme des choses et de respecter l’une des formulations par laquelle Kant exprime loi morale :

Agis toujours de telle sorte que tu traites l’humanité, en ta personne comme en celle d’autrui, toujours également comme une fin et jamais simplement comme un moyen[6].

Kant ne nous dit pas ici qu’il est immoral de traiter les autres hommes comme des moyens, la vie sociale le nécessite et nous le faisons tous les jours. En revanche, ce qui est immoral, c’est de réduire l’autre à l’état de moyen, et c’est ce à quoi risque de nous conduire une logique purement gestionnaire appliquée aux relations humaines.

Il reste cependant à expliquer pourquoi il en va ainsi. Est-ce parce que l’homme est substantiellement différent ou est-ce en raison de la richesse des relations qu’il entretient avec ses semblables ? C’est à cette question que nous allons tenter de répondre en abordant les origines théologiques de la notion de personne.

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3/ L’origine théologique de la personne

La notion de personne a en effet été initialement pensée en termes substantiels, le théologien Boèce dans son Traité sur le Christ définit la personne comme une «substance individuelle de nature rationnelle[7]». On voit donc ici que la genèse de la notion de personne recoupe en un certain sens celle d’individu dont elle souligne la dimension morale. C’est d’ailleurs la singularité de l’individu qui sera au cœur de cette définition et qui aboutira à limiter le qualificatif de personne à l’homme seul.

En effet, s’interrogeant sur ce qui, parmi les créatures de Dieu, peut être qualifié de personne, les choses comme les êtres vivants, seuls finalement les hommes considérés chacun dans leur singularité peuvent être considérés comme des personnes :

Parmi toutes ces substances-là, la personne ne peut en aucun cas être attribuée aux universels, mais seulement aux singuliers et aux individus, car il n’y a pas de personne de l’homme considéré comme « être vivant » (animal) ou comme genre, mais ce n’est qu’à Cicéron, à Platon ou à des individus singuliers que l’on donne un nom particulier de personne[8].

L’homme, en tant qu’il est libre, conscient et doué de raison est considéré comme une substance distincte de toutes les autres choses qui constituent la nature. Ce terme de substance signifie que l’homme est pensé comme une exception dans la nature puisque ce terme désigne ce qui existe en soi et par soi et qui n’a besoin de rien d’autre que soi pour exister.

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Cependant, l’analyse que fait Boèce de la notion de personne va ouvrir d’autres possibilités car elle va également porter sur la notion de trinité et donner également lieu à une définition de la personne en termes de relation. Il se demande comment Dieu peut être, pour les chrétiens, une personne à part entière, alors qu’il est également constitué de ces trois personnes que sont le père, le fils et l’esprit saint :

Mais puisque le Père est Dieu, que le Fils est Dieu et que l’Esprit-Saint est Dieu, et que Dieu n’a aucune différence qui le rendrait différent de Dieu, c’est que Dieu ne diffère en rien d’aucune des personnes divines. Or, là où les différences sont absentes, la pluralité est aussi absente, et là où est absente la pluralité, là est présente l’unité. Rien d’autre n’a pu être engendré de Dieu que Dieu. Enfin, dans ce qui est numérable, la répétition des unités ne produit pas, en tous ses modes, la pluralité[9].

Cette unité de Dieu dans la Trinité est donc maintenue parce que la personne se définit également comme relation avec un alter ego. Être une personne ce n’est pas en effet vivre isolé de ses semblables, c’est essentiellement tisser un réseau de relations avec eux, relations qui font être tant les autres que soi-même. Cette dimension se traduit dans la personne de Dieu par la Trinité qui permet de le penser à la fois comme substance et comme relation.

Par conséquent, même si on laisse de côté la conception substantielle de la personne, on n’évacue pas pour autant la notion de personne car on peut la faire émerger de l’expérience des relations que nous entretenons les uns avec les autres et qui révèlent toutes les dimensions de la personne.

Lire la suite de cet article le mois prochain


Pour aller plus loin : 

[1] Lire à ce sujet mon article publié dans la «Revus de l’Enseignement Philosophique» (Numéro de Juillet-Aout 2009), La notion de personne dans l’Éthique de Spinoza. Article qui reprend le contenu du chapitre IV – «La personne comme problème» – de mon livre De l’Éthique de Spinoza à l’éthique médicale, Presses Universitaires de Rennes, mars 2011.

[2] Mounier Emmanuel, Le personnalisme, Paris, PUF, 1949, p. 26.

[3] Spinoza, Éthique II, axiome II.

[4] Norbert Elias, La société des individus, op. cit., p. 210.

[5] André Comte-Sponville, Le capitalisme est-il moral ? (2004), Paris, Livre de poche, 2006.

[6] Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, Deuxième section, Traduction Victor Delbos, Delagrave, paris, 1967, p. 150.

[7] Boèce, Traité sur le Christ, in Courts traités de théologie, Éditions du Cerf, Paris, 1991, p. 59.

[8] Ibid., p. 58.

[9] Boèce, La trinité, V, in Courts traités de théologie, op. cit., p. 142.


 

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Nous remercions vivement notre spécialiste, Eric, DELASSUS,Professeur agrégé (Lycée Marguerite de Navarre de Bourges) et  Docteur en philosophie , co-auteur d’un nouvel ouvrage publié en Septembre 2018 intitulé « Ce que peut un corps » aux Editions l’Harmattan,  de partager son expertise en proposant des publications dans notre Rubrique Philosophie & Management, pour nos fidèles lecteurs de www.managersante.com 


Biographie de l’auteur :
Professeur agrégé et docteur en philosophie (PhD), j’enseigne la philosophie auprès des classes terminales de séries générales et technologiques, j’assure également un enseignement de culture de la communication auprès d’étudiants préparant un BTS Communication.
J’ai dispensé de 1990 à 2012, dans mon ancien établissement (Lycée Jacques Cœur de Bourges), des cours d’initiation à la psychologie auprès d’une Section de Technicien Supérieur en Économie Sociale et Familiale.
J’interviens également dans la formation en éthique médicale des étudiants de L’IFSI de Bourges et de Vierzon, ainsi que lors de séances de formation auprès des médecins et personnels soignants de l’hôpital Jacques Cœur de Bourges.
Ma thèse a été publiée aux Presses Universitaires de Rennes sous le titre De l’Éthique de Spinoza à l’éthique médicale. Je participe aux travaux de recherche du laboratoire d’éthique médicale de la faculté de médecine de Tours.
Je suis membre du groupe d’aide à la décision éthique du CHR de Bourges.
Je participe également à des séminaires concernant les questions d’éthiques relatives au management et aux relations humaines dans l’entreprise et je peux intervenir dans des formations (enseignement, conférences, séminaires) sur des questions concernant le sens de notions comme le corps, la personne, autrui, le travail et la dignité humaine.
Sous la direction d’Eric Delassus et Sylvie Lopez-Jacob, il vient de co-publier un nouvel ouvrage le 25 Septembre 2018 intitulé « Ce que peut un corps« , aux Editions l’Harmattan,   

 

DECOUVREZ LE NOUVEL OUVRAGE PHILOSOPHIQUE

Sous la Direction d’Eric DELASSUS et Sylvie LOPEZ-JACOB9782343156804r.jpg

Résumé : Modèle d’une société en mal de cohésion, ou modelé par elle et ses normes, le corps construit l’identité, et rend possible l’aliénation. Apprêté, mis en scène, observé ou transformé, il donne son étoffe au héros, ses rouages au pantin, ses prothèses à l’homme en mal de puissance. A moins que, habité en conscience, il ne devienne la source vive où l’homme peut puiser sa joie. En mars 2017, à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Bourges, s’est tenu un colloque sur le thème « Ce que peut un corps ». Enseignants de philosophie, de sociologie, plasticien, maître d’arts martiaux se sont succédé pour faire état des états du corps.

 

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