Une 1ère en France en psychoéducation familiale des TPL (Troubles de la Personnalité Limite) : Connexions Familiales©

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N°9 DÉCEMBRE 2017


 

Le Trouble de la Personnalité Limite, ou trouble de dysrégulation émotionnelle, est un trouble très hétérogène, avec plus de 250 combinaisons de symptômes. Cela suffit-il à expliquer le retard sur la recherche, l’accompagnement, le diagnostic et les soins adaptés à ces malades psychiques ?

Sommaire

  • Un fâcheux retard à combler
  • Mais au fait, qu’est-ce qu’un TPL ?
  • Une première en France : formation commune de familles et professionnels de la santé, en juin 2017
  • De septembre à décembre 2017 : formation de formateurs pour accompagner les familles
  • Pistes d’avenir
  • Vœux 2018 : Connexions Familiales© en France, au service des familles et des malades

1      Un fâcheux retard à combler

Si l’on considère ce qui existe pour les autres troubles psychiques, on peut dire que deux décennies de retard caractérisent les services, ressources et recherches pour les personnes atteintes d’un TPL.

1.         Quelques chiffres

  • Articles scientifiques 1980-2002
    • TPL 2046
    • schizophrénie 26265
  • Fonds de recherche NIMH National Institutes of Mental Heath
    • TPL 6 M $
    • Schizophrénie 300 M $
  • Le TPL touche entre 1,5 à 3% de la population, ce qui équivaut ou excède le nombre de personnes atteintes de schizophrénie ou trouble bipolaire de type 1.

2.         Les programmes psychoéducatifs

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Contrairement aux programmes destinés aux familles pour accompagner la schizophrénie et le trouble bipolaire, il n’existe dans le cas du TPL aucun programme standardisé pour les familles.

2      Mais au fait, qu’est-ce qu’un TPL ?

1.         Définition

Le terme borderline est aujourd’hui considéré comme dépassé, on parle désormais plutôt de trouble de dérèglement des émotions. En effet, ce terme borderline, ou celui plus utilisé en France de personnalité limite TPL, sont des termes souvent perçus comme beaucoup plus dévalorisants. Toutefois, les discussions pour changer ou non d’appellation de la maladie n’ont pas abouti.

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2.         Etiologie

Le trouble de la personnalité limite est un trouble psychologique et psychosocial sévère, dans lequel les personnes présentent une difficulté très importante à réguler leurs émotions et leurs comportements.

  • La vulnérabilité émotionnelle est la partie biologique de la maladie : hypersensibilité, hyper-réactivité, lent retour à la normale,
  • Les réponses invalidantes à ces troubles entretiennent cette vulnérabilité dans une sorte de boucle infernale.

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Il importe de comprendre qu’un environnement invalidant n’est pas un environnement non aimant, mais un environnement qui ne connaît pas encore le trouble de la personne malade, et va donc invalider et délégitimer ses expériences, en particulier ses expériences intimes, souvent très différentes des expériences plus habituelles en termes d’émotions, besoins, désirs, croyances, sensations.

  • Pour ne pas invalider le  vécu très fort d’une personne au trouble TPL, il est en effet essentiel de ne pas chercher à changer, contrôler, ignorer, minimiser, critiquer, juger, car cela entrave l’adaptation de la personne et la gestion et résolution des problèmes.
  • Au contraire, il va falloir lui communiquer
    • une acceptation radicale de son ressenti,
    • notre affection pour ce malade qui s’ignore, et dont la peur principale est celle de l’abandon.

3.         5 dérèglements chez les TPL : les 5 sphères selon Linehan (1993)

Voici les 5 dérèglements caractéristiques des TPL. Ces dérèglements sont lents à percevoir, mais au final très déstructurants pour le malade et ses proches. On parle de dérèglement quand la personne est hors de contrôle, pas simplement bouleversée ou fâchée, mais bien hors de contrôle.

La liste de ces dérèglements va nous permettre d’illustrer ce point important du diagnostic et du traitement de la maladie, qui est que pour comprendre la manière particulière de vivre avec une personne atteinte de TPL, il va falloir commencer par subir ces dérèglements, avant de se dire que quelque chose ne fonctionne pas de manière classique.

  • dérèglement des émotions (ce qui différencie les TPL des bipolaires, plus axés sur des troubles de l’humeur)
  • dérèglement des relations, souvent chaotiques (c’est donc après des échecs répétés que le dérèglement pourra être décelé)
  • dérèglement de l’image de soi, (qui apparaît plus nettement avec l’âge, notamment à partir de l’adolescence)
  • dérèglement des comportements. Or chacun de nous étant unique, c’est bien difficile de comprendre un comportement comme un trouble et non comme une originalité, une bizarrerie. Je pense à ce très beau film « les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel », qui montre la frontière très mince entre la « normalité » et la « folie ordinaire », j’entends par folie une maladie, même simplement dépressive, qui peut mener chacun de nous à une hospitalisation en psychiatrie, considérée encore souvent et à tort comme science des fous…
  • dérèglement cognitif : comment voir l’ensemble d’une situation et accéder à sa mémoire. La scolarité et le travail des TPL peuvent à ce titre se révéler mouvementés, avec des points de cristallisation qui vont se manifester tant au niveau cognitif que relationnel : entrée en maternelle, passage en CP, en quatrième avec un niveau conceptuel en mathématiques différent, lycée, passage du bac, premier emploi…

Au final, les problèmes rencontrés par les personnes qui souffrent du TPL se manifestent par des émotions intenses et changeantes (comme la honte, la colère, la tristesse ou l’anxiété), des relations chaotiques, une forte impulsivité, un sentiment instable de l’image de soi, des tentatives de suicide et/ou des automutilations, des craintes d’abandon et des sentiments chroniques de vide.

4.         Les critères diagnostiques officiels des TPL selon le DSM-IV (maintenant il y a le DSM V)

Cette classification américaine et scientifique des troubles psychiatriques, qui aide la recherche, est souvent débattue pour sa pertinence en clinique. Elle reste toutefois pertinente  pour les TPL. Voici donc la classification propre à cette maladie, par ordre de fréquence, sachant que dans ces 9 critères, il en faut au moins 5 pour établir une possibilité de TPL. En effet, la plupart de ces critères peuvent se retrouver de façon isolée, provisoire ou raisonnable chez tout un chacun.

Le TPL se manifeste en outre souvent par d’autres troubles associés.

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1. Peur de l’abandon

Cette peur peut prendre des proportions extrêmes : ainsi une personne TPL qui devra attendre quelques minutes un médecin pourra trouver cette attente terrible, au point de partir ou se taire en entretien, considérant qu’elle ne compte pas assez pour le professionnel sensé s’occuper d’elle.

2. Fluctuation marquée de l’humeur

Ecorché vif, le TPL vit tout de façon intense, durable, exponentielle. C’est un raz de marée émotionnel, qui influe sur sa concentration et sa motivation, et rend le fil conducteur de sa vie plus difficile.

3. Impulsivité

La réaction aux émotions est immédiate, pas pensée. Elle permet de sortir du vécu trop douloureux où un rien blesse facilement, et met en colère. Si la personne TPL se pose et y réfléchit, elle regrettera ensuite, d’autant que sa première peur est celle de l’abandon. Il n’y a donc pas de contre-indication à se mettre en colère avec une TPL, du moment qu’on revient vers elle après. Car n’oublions pas que sa première peur est celle de l’abandon.

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4. Répétition de comportements suicidaires ou auto mutilatoires

70% des personnes passent à l’acte. 10% réussissent.

5. L’automutilation

Elle est  façon de reprendre contact avec soi, « grâce » à la douleur physique.

6. Mode de relations inter personnelles instables et intenses

Si on est fatigué et qu’on ne va pas vers elle, la personne TPL ressent un sentiment d’abandon. Quand on revient, elle commence par dramatiser, tout en ayant besoin qu’on ne la laisse pas tomber. Les réseaux sociaux deviennent vite dangereux, car une simple image facebook va donner honte.

7. Sentiment chronique de vide

8. Instabilité de l’image de soi, personnalité caméléon

La personne TPL a des difficultés à prendre des décisions, à se maintenir dans une même direction. Elle voit les choses en noir et blanc, et a des pensées facilement radicales.

9. Symptômes dissociatifs ou paranoïa

La personne TPL sait mal repérer ses émotions, elle voit d’abord l’insupportable d’une situation, et peine à prévenir ou porter attention à la relation.

Les émotions et la douleur peuvent parfois aussi ne plus être ressenties, quand le malade ne sait pas qu’il est blessé, ne détecte rien mais sent comme une nausée, avec le besoin de s’automutiler pour en sortir.

Dans ces mouvements dissociatifs, les troubles de la mémoire sont fréquents, et des périodes entières de la vie peuvent être oubliées. Quand la dissociation va jusqu’à la paranoïa, il n’y a plus de discussion possible.

3      Une première en France : formation commune de familles et professionnels de la santé

En juin dernier, le Réseau pour la Promotion de la Santé Mentale des Yvelines Sud et le Centre Hospitalier de Versailles, en collaboration avec l’UNAFAM des Yvelines,  ont lancé une invitation à un « programme d’amélioration des connaissances et compétences des proches souffrant de dysrégulation émotionnelle ou trouble de la personnalité limite ».

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Ce week-end entre familles et professionnels de la santé a été animé par une américaine et une canadienne spécialement venues pour l’occasion : Marie-Paule de Valdivia et Lynn Courey.

1. Une invitation prometteuse

Voici les termes exacts de cette invitation, qui  montrent à la fois l’objectif, le contenu et la dynamique qui a été vécue pour la première fois en France.

« Connexions Familiales© est un programme qui s’adresse aux proches (parents, conjoints, proches adultes) d’adolescents ou d’adultes souffrant de dysrégulation émotionnelle ou de troubles de la personnalité limite (TPL).

  • L’objectif est d’aider les proches à acquérir une meilleure compréhension de l’être cher, à améliorer leurs connaissances et leurs compétences face aux difficultés psychiques et aux difficultés relationnelles qu’elles entraînent.
  • Le but est de leur permettre de regagner un regard positif sur eux-mêmes, sur leurs capacités à être dans un lien constructif avec leur proche et à en prendre soin, de diminuer la tristesse, la colère et le sentiment d’impuissance.
  • Le programme est organisé pour permettre aux participants d’acquérir des informations actualisées sur le trouble de la personnalité limite, d’acquérir des compétences et les mettre en application grâce à des échanges ouverts en petit groupe.
  • Le programme associe les expériences de vie réelle et les besoins des familles des personnes atteintes d’un trouble de la personnalité limite à l’expertise d’un travail professionnel auprès des familles qui se poursuit depuis plus de deux décennies.
  • Connexions Familiales® s’adresse aux proches (parents, conjoints et autres membres adultes de la famille) d’adolescents ou d’adultes souffrants de dysrégulation émotionnelle ou d’un trouble de la personnalité́ limite.
  • Le programme est animé par des bénévoles qui ont vécu l’expérience au contact d’un être cher souffrant du TPL et qui ont reçu une formation de la NEA.BPD les habilitant à diriger le programme.

2. Contenu du programme

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  • Éducation sur le trouble de la personnalité limite et le fonctionnement familial
  • Présentation de l’état des recherches sur le TPL
  • Développement de compétences individuelles et familiales pour gérer les réactions émotionnelles négatives en contexte de groupe
    • Aptitudes relationnelles de pleine conscience
    • Aptitudes à la communication efficace
    • Stratégies de validation
    • Compétences en résolution de problèmes

4      Peut-on suivre une formation ? 

A l’issue de la formation des 17 et 18 juin 2017, 6 psychiatres et 4 familles réunies à l’hôpital Mignot de Versailles, mais aussi quelques professionnels en Belgique ou province connectés par skype, se sont formés pour devenir formateurs, et pouvoir faire vivre cet accompagnement à d’autre familles, sur un format de 10 semaines, à faire en présentiel ou par skype. J’ai eu beaucoup de joie et de chance de pouvoir y participer.

5      Et maintenant, qu’allons-nous faire ? Nous associer

1. Une association pour démultiplier les programmes de psychoéducation aux familles

Dès janvier 2018, nous allons nous retrouver pour fonder une association nationale, et proposer des modules d’accompagnements des familles, via les professionnels, hôpitaux, et pourquoi pas vous, lecteurs du blog Management en Milieu de Santé…

En effet, les études montrent

  • que la plupart des personnes qui présentent un trouble de la personnalité limite, si elles bénéficient de traitements adaptés et de soutiens efficaces, peuvent faire des progrès significatifs, avec une amélioration de leur fonctionnement dans une variété de domaines problématiques.
  • que les proches, s’ils sont aidés à acquérir une meilleure compréhension des troubles, peuvent faire l’expérience d’une diminution de la tristesse et du fardeau, avoir un sentiment accru de maîtrise qui participent à une meilleure satisfaction familiale.

2. De nombreux pays déjà formés

La NEABPD, National Education Alliance for borderline Personality Disorder, propose depuis quelques décennies des formations dans le monde entier pour accompagner les familles dans une démarche de psychoéducation renforçant le concept de famille donneuse de soins.

Connexions Familiales© est présent dans 22 pays, notamment dernièrement en Russie.

Ce programme a été conçu par des membres des familles, une personne TPL et deux professionnels en santé mentale. Il intègre des expériences et besoins bien réels des personnes atteintes de TPL et de leurs familles, mais aussi l’expertise acquise par 15 années de travail professionnel auprès des familles.

Le manuel de formation s’est enrichi au fil des années, et adapte et synthétise deux programmes élaborés sous la direction de D. Hoffmann et Alan E.Fruzzetti.

3. Un comité d’organisation entreprenant et bienveillant

Pour information, voici le comité d’organisation des formations de juin 2017 et de la formation de formateurs à laquelle j’ai participé :

  • le Pr Mario Speranza, Centre Hospitalier de Versailles et Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines
  • le Dr Marion Bronchard, Service de Psychiatrie Adultes, Centre Hospitalier Charcot, Plaisir

Je les remercie vivement pour cette belle opportunité et aventure commune, leur écoute et apprentissage avec les familles.

6      Connexions Familiales© en France

… « Le Trouble de la Personnalité Limite ou trouble de dysrégulation émotionnelle est un trouble très hétérogène, avec plus de 250 combinaisons de symptômes disais-je en préambule, en ajoutant que deux décennies de retard caractérisent les services, ressources et recherches pour les personnes atteintes d’un TPL, par rapport à ce qui existe pour les autres troubles. »… disais-je en introduction de cet article

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Pour 2018, je fais le vœu que l’association que nous allons créer ensemble, entre professionnels de la santé et quelques familles, soit le début d’une nouvelle dynamique d’accompagnement des familles, dans une logique apprenante et solidaire commune, au service des familles et des malades.

 

Je propose de vous parler dans un prochain article des thérapies adaptées à ces malades. D’ici là, n’hésitez pas à partager vos expériences et réactions sur le sujet, et pistes pour nous aider à préparer notre année 2018 dédiée à l’accompagnement des familles, au service de leurs êtres chers.

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N’hésitez-pas à laisser vos commentaires… Muriel ROSSET,  vous répondra avec plaisir !!!

Nous remercions vivement Muriel ROSSET, Enseignante et formatrice en philosophie et management , innovation managériale, RSE et méthodes collaboratives (Universités Paris Descartes, Aix, Metz, EPF école d’ingénieur, Haute Ecole Ferrer de Bruxelles), coach, auteur & consultante, pour partager son expérience professionnelle en proposant sa Rubrique mensuelle, pour nos fidèles lecteurs de www.managersante.com

 

11 commentaires sur “Une 1ère en France en psychoéducation familiale des TPL (Troubles de la Personnalité Limite) : Connexions Familiales©

  1. Bonjour,

    Membre de l’UNAFAM (une fille proche de la cinquantaine, souffrant de troubles bi-polaires et de troubles TPL), j’ai lu avec beaucoup d’attention les deux articles que vous avez consacrés à l’association Connexions et à ses actions de formation, car c’est la première fois que je vois évoquer une possibilité de prise en charge de ces troubles et des actions concernant les familles.
    Ma fille a été diagnostiquée bi-polaire et TPL dès sa première hospitalisation, il y a environ vingt-cinq ans. Depuis elle a été prise en charge et a suivi très régulièrement des traitements médicamenteux, et une psychothérapie (quatre psychiatres durant ce laps de temps)…. pour traiter ses troubles bi-polaires. Jamais l’aspect borderline de sa personnalité n’a été prise en charge pas plus aujourd’hui qu’hier.
    Où en sommes nous aujourd’hui ? Une malade totalement ingérable (y compris par les soignants), qui a rompu tout lien avec ses compagnons successifs et qui depuis quelques mois « se déchaine » contre tous les membres de la famille, y compris ceux qui pour elle étaient les plus proches, comme sa grand-mère nonagénaire, qu’elle n’épargne en rien.
    Une famille « en miettes », fracturées entre ceux qui ont pris leurs distances vis à vis d’elle depuis longtemps, et ceux qui sont restés sur le front, mais qui, aujourd’hui, n’en peuvent plus devant l’impossibilité de nouer un quelconque dialogue et peut-être encore plus sous le poids des crises et des manipulations qu’ils ont dû subir depuis bientôt trente ans.
    J’ai souri ironiquement, je m’en excuse, devant l’expression « être cher », que vous employez dans votre présentation. Je n’en suis pas fière, mais je peux vous dire qu’il est bien loin de ceux qui me viennent à l’esprit. Depuis des années je n’entends parler de sa part que des termes « brebis galeuse de la familles ». Pour moi aujourd’hui c’est celui de « loup enragé » qui me vient à l’esprit.
    C’est vous dire si pour moi, l’espoir de voir les choses s’améliorer est quasiment nul, d’autant plus que de mon côté je ne me sens plus aucune énergie (?) pour reprendre, si cela est jamais possible, un quelconque dialogue.
    Par contre en tant que membre de l’UNAFAM, j’aimerais pouvoir fournir des informations sur votre action aux autres parents concernés , qui eux sont en début de parcours et pourraient utilement bénéficier de votre action. Eventuellement si mon expérience peut servir (je ne sais pas comment !), je suis prête à la partager.
    Je vous en remercie par avance;

    1. Bonjour Annie,
      Merci pour ce long partage douloureux.
      Depuis cet article, nous avons créé l’association connexions familiales en France, dont je suis présidente, démarré nos premiers modules de formations ( les participants en voient les effets bénéfiques pour eux et leur proche malade), et entamons une prochaine session de 12 modules en mars 2019.
      J’ai publié un autre article où vous pouvez trouver l’objectif de notre association tel que défini dans nos statuts, il n’a hélas pas été repris sur le blog MMS mais vous pouvez le trouver en ligne avec mes articles LinlkedIn
      Psychiatrie : des remèdes pour sortir de l’état d’urgence, 12 millions de français concernés
      https://www.linkedin.com/pulse/psychiatrie-des-remèdes-pour-sortir-de-létat-durgence-muriel-rosset/
      Bon courage ! Bien chaleureusement, Muriel Rosset

  2. Bonjour Florence,

    J’ai lu avec attention et émotion votre commentaire sur mon article. Je vous en remercie vivement.

    Depuis, j’ai publié un autre article parlant de l’association que nous avons fondée avec des psychiatres et familles, -dont je suis la présidente-, avec ses buts, ainsi que les formations pour les proches que nous démarrons le 6 novembre :

    https://www.linkedin.com/pulse/psychiatrie-des-rem%C3%A8des-pour-sortir-de-l%C3%A9tat-durgence-muriel-rosset/

    Je ne sais pas où vous habitez, ni si et comment les psychiatres ont diagnostiqué votre fille : 8 ans de troubles de comportement sont très longs, mais 16 ans reste un âge de pleine adolescence. Je vous envoie par mail la plaquette avec les informations sur les formations pour les proches de personnes TPL bordeline, vous pourrez m’appeler pour plus de renseignements.

    Il existe aussi des formations entre pairs organisées par l’Unafam, toutes maladies confondues.

    http://www.unafam.org/en-apprenant-a-vivre-avec.html

    Bon courage, la maladie TPL borderline peut se stabiliser, même si le temps est toujours trop long.

    Chaleureusement, Muriel Rosset 06 33 70 31 24

  3. Je m’appelle Florence. J’ai une fille de 16 ans qui présente énormément de troubles qui font penser à un tpl.
    Huit ans de thérapie sans succès. Trois tentatives de suicide. Scarifications profuses et profondes. Brûlures volontaires. Fugues. Alcool. Drogue. Comportements sexuels à risque. Changement brusques d humeur. Rage incontrôlable. Rupture brutales de toutes ses relations après avoir adulé les personnes. Hyper sensibilité. Réactions violentes à toute chose qui la frustre. L

  4. Bonjour, Je trouve dans la description des troubles TPL énormément de similitudes avec mon fils de 18 ans (scarifications, idées suicidaires, dérèglements +++ des émotions, des relations, de l’estime de soi, du comportement, du fonctionnement cognitif ), qui a connu une errance diagnostique très difficile. Le trouble borderline a été évoqué dans son parcours psychiatrique, ainsi que le TDAH. Il a été diagnostiqué successivement schizophrène à début précoce (malgré l’absence de délires et d’hallucinations), puis schizophrène hébéphrénique, puis épisode dépressif sévère avec symptômes psychotiques, puis autiste atypique avec troubles anxieux et dépressifs. Tous ces diagnostics ont été posés par des psychiatres exerçant dans des hôpitaux universitaires très connus. Le diagnostic actuel, qui explique enfin le parcours et les comportements de mon fils, est: syndrome d’Asperger + troubles anxieux et dépressifs. Son potentiel intellectuel lui a permis de compenser et de rendre ses particularités autistiques quasi invisibles. L’autisme et le haut potentiel sont des particularités mal connues et peu (et très mal) enseignées en France tant dans les facs de médecine, de psycho, que dans les écoles paramédicales. La prise en charge doit être adaptée (gestion des émotions, gestion des changements, prise en compte des particularités sensorielles, …) tant au niveau accompagnement que médicaments, sous peine de ne pas aider la personne, voire d’aggraver la situation. Je pense qu’en France nous avons des experts de certaines « maladies », mais que lorsqu’une personne a plusieurs particularités (neuro développementales), qui s’accompagnent de troubles (anxieux, TOC, dépressifs, phobies, …) fréquents quand l’environnement n’est pas adapté, la médecine et surtout la psychiatrie n’arrivent pas à poser des diagnostics cohérents et surtout médiquent, avec des risques de complications (cela a été le cas de mon fils dont le comportement a changé avec des antipsychotiques; il est devenu agressif, puis il a développé une phobie sociale; il a eu des idées suicidaires, etc etc). Je vous invite à lire les recommandations de bonnes pratiques de la HAS concernant le diagnostic et la prise en charge des autistes (resp. de 2005 et de 2012), ainsi que celles portant sur les manifestations dépressives à l’adolescence (2014), ainsi que les notices et alertes de l’ANSM concernant les psychotropes (dont antidépressseurs et antipsychotiques, en particulier Abilify et Risperdal, ), qui sont mal connues et non appliquées par les médecins. Un dernier point: le responsable de l’unité ados où on fils a été suivi pendant de (trop) longs mois nous disait que tous les patients qui n’avaient pas de diagnostic autre étaient affublés du diagnostic de borderline pour bénéficier d’une prise en charge de 100%. J’ai compris que ce diagnostic était pour lui un diagnostic fourre-tout (je pense que ce type de comportement fausse les statistiques de prévalence; la prévalence de l’autisme est autour de 1%, en hausse, car mieux diagnostiqué). Je pense que c’est une très bonne chose que des équipes spécialisées puissent aider les familles, mais j’espère qu’elle ne feront pas perdre de temps sur une piste qui ne serait pas la bonne. Je souhaite le meilleur à toutes les personnes avec des souffrances psychiques, ainsi qu’à leurs familles et à celles et ceux qui les aident dans la bienveillance.

    1. Bonjour Sophie et merci pour ce long partage qui me rappelle beaucoup d’histoires de famille entendues, à la fois uniques et tellement complexes. Beaucoup de maladies psychiatriques sont en effet multifactorielles, avec des situations hors des cases. Je vous souhaite beaucoup de courage pour votre traversée. Pour répondre à votre question sur les modules d’accompagnement des familles de TPL, ils prévoient avant de démarrer de bien cibler les participants pour vérifier qu’ils soient concernés. À votre disposition pour échanger.

      1. Rebonjour Sophie,

        En repensant à la description de votre parcours et à l’âge de votre fils, qui est pour tous les jeunes un âge clé de l’orientation, je repense à mon propre parcours et à la réflexion d’un psychiatre lors de la formation connexions familiales, qui est que les médecins commencent tout juste à découvrir l’importance du travail sur la santé, qui prime parfois et même souvent sur les soins médicaux.

        Certes, il faut être en forme pour travailler, mais sans travail, on n’a pas de but à ses journées. Ce n’est pas un hasard si j’ai développé des activités de bilan d’orientation et bilan de compétences, après m’être désolée du désert d’activité structurante auquel le système médical actuel abandonne les malades psychiques.

        En effet, il existe deux estimes de soi, l’estime de son être et l’estime de son agie.

        Les hôpitaux et médecins sont mal outillés pour stimuler la connaissance et le développement de ses talents, pourtant essentiels pour chacun, et encore plus pour des malades et malades psychiques, qui ont besoin d’un sens à leur vie déjà bien fracassée et desocialisee.

        Je crois donc beaucoup au travail bien orienté et régulé comme source de soins, et le vérifie lors de mes bilans d’orientation et de compétences, où je me suis plusieurs fois retrouvée, par les circonstances de la vie, à accompagner des malades psychiques, qui ont besoin de mieux comprendre et articuler leur vie et possibilités d’agir.

  5. Bonjour et merci pour votre commentaire.
    L’association qui va être créée vise la psychoéducation des familles.
    Pour ce qui concerne l’éducation en milieu d’insertion, je rejoins votre remarque sur la confusion entre autoritarisme et éducation, je l’entends souvent répétée par des travailleurs en ESAT.
    Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, et critiquer les Esat qui font un travail remarquable.
    Il ne faut pas nier non plus les abus d’autorité et donc de faiblesse qui s’y vivent parfois. Puissions nous tous oser les dénoncer, chacun à notre manière. Car le sens du mot autorité, c’est d’augmenter l’autre, et non de le diminuer.
    Si vous le voulez bien, je serais heureuse que vous puissiez partager vos exemples d’abus, en public sur le blog, ou en privé si vous le préférez, selon vos exemples. Bon courage pour votre mission d’insertion !

  6. Bonjour,
    Encadrant de chantier d’insertion, je rencontre chaque jours des comportements très différents.
    Ma difficulté réside dans l’image du management de mes employeurs, qui sont bien nombreux ( collectivité), qui confondent autoritarisme et éducation.
    Le respect du cas social n’est pas à l’ordre du jour.

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