Les soignants face aux conflits de valeurs…

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N°7, Décembre 2016


Quand j’étais sur les bancs de l’école d’infirmières, j’avais eu une monitrice dont j’entends encore parfois la voix douce et posée nous dire : «  mesdemoiselles, messieurs ! Vous allez exercer le plus beau métier du monde ! Vos patients ont besoin de vous ! Empathie et respect sont les piliers essentiels de notre profession…… »

Professions médicales et soignantes à l’épreuve des conflits de valeurs 

Que nous soyons dans des filières médicales ou paramédicales, les étudiants sont bercés par la réussite humaine de leur prise en charge de la Personne Soignée. Nous avons encore tous, les noms de Florence Nightingale, Cicely Saunders ou de ce viel Hippocrate qui résonnent dans nos oreilles. Les budgets qui  diminuent, le fonctionnement des accréditations,  les délais insuffisants ou la pénurie de personnel sont peu abordés…..

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L’interruption de la tâche : la banalité du quotidien des soignants vue comme facteur de risque psychosocial

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N°6, Septembre 2016


 

Une sonnette retentit lourdement, un patient vous hèle dans le couloir, alors que vous alliez commencer la rédaction d’un important document au moment même où un collègue vous questionne sur le dernier protocole mis en ligne….et cette envie de boire qui vous assèche la gorge depuis des heures. Beaucoup de soignants, quel qu’ils soient ont vécu au moins une fois, dans leur semaine de travail une situation qui pourrait ressembler à celle-ci !

Dans notre activité hospitalière, faire plusieurs choses en même temps est devenu une banalité quotidienne, pensée comme le meilleur moyen pour être productif et pour réaliser toutes les tâches que l’on a à faire dans le temps imparti. Dans un contexte hyper connecté, le soignant est « bombardé » de signaux d’informations le contraignant à fonctionner en multitâche.

Qu’est-ce que l’Interruption de la tâche ? Comment impacte-t-elle sur notre charge de travail ?

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Vie privée/vie professionnelle : concilier cet équilibre fragile quand on est un soignant

Image Vie privée, vie publique N°5, Mai 2016 Chrystel ARTUS


N°5, Mai 2016


Dans nos contextes de travail actuel, en pleine mutation sur bien des points, nous assistons de plus en plus à des glissements entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Cette problématique est de plus en plus médiatisée, et, sans le savoir vraiment, ce thème a été au centre de vos débats en salle de pause ou entre deux soins !! Mais qu’entend-on par concilier vie professionnelle et vie privée ?

VIE PROFESSIONNELLE/VIE PRIVEE : QUELLES FRONTIERES ?

La vie professionnelle, peut être définie comme l’existence menée par un individu résultant de l’accomplissement d’un métier, d’une activité exercée pour assurer ses besoins.

La vie privée, est tout ce qui est strictement intime, personnel. (méda, 2004).

L’article 12 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 fait état de la notion de vie privée dans lequel il est rappelé que chacun a droit au respect de sa vie privée. Par conséquent, la notion de vie privée est très vaste et ne se limite pas uniquement à la famille, mais s’étend également aux amis, aux activités extraprofessionnelles. Elle est également, hors du cadre de la relation entreprise/salarié, l’individu dispose de toute la liberté d’organisation de son temps et de ses activités.

« Concilier activité professionnelle et famille équivaut, tant pour un homme que pour une femme, à assumer son engagement et ses responsabilités sur les deux fronts, sans être pour autant pénalisé-e sur le plan du salaire, de la carrière, de la formation continue et de l’attribution des tâches ». Bureau fédéral de l’égalité (2003).

Il s’agit, selon (Tremblay, 2004), de rendre compatibles les deux sphères professionnelle et privée. C’est un concept que tout le monde semble revendiquer, le terme équilibre fait référence à la perception des Soignants même si celle-ci est diverse et liée à leur situation personnelle, mais également à la représentation de leur rôle et des pratiques managériales des structures dans lesquelles ils évoluent.

En effet pour ces dernières, il s’agit de créer une culture de société qui permettra au salarié d’être performant et opérationnel sur son lieu de travail. Pour le salarié, il s’agit de répondre aux besoins des deux sphères dont les demandes ou les disponibilités nécessaires peuvent être contradictoires, voire conflictuelles (Tremblay, 2006) Lire la suite

BURN OUT : Le syndrome d’épuisement professionnel en milieu hospitalier

Chrystel ARTUS Article N°4 Avril 2016 Burn out


N°4, Avril 2016


Dans notre monde contemporain, tout le monde a eu au moins une fois ces mots à la bouche : « épuisement professionnel », « burn-out »,…. Utilisés à tort ou à raison, souvent sans en connaitre la réelle signification, il me semble important d’apporter quelques éclaircissements permettant ainsi de faire le lien avec la thématique des risques psychosociaux et tenter alors de maîtriser ce qui parfois, ressemble à une épidémie à haute contagiosité.

Définition

La définition du concept d’épuisement professionnel pourrait paraître simple tant les mots suggèrent d’eux-mêmes le syndrome. La popularité et la diffusion du terme montrent à quel point il est vécu et ressenti par les professionnels du soin que ce soit de l’agent de service hospitalier en passant par les cadres, les médecins,…

L’INRS propose de le définir ainsi :

« Le syndrome d’épuisement professionnel, ou burn-out, est un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique dans lesquelles la dimension de l’engagement est prédominante. Il se caractérise par 3 dimensions :

  • l’épuisement émotionnel : sentiment d’être vidé de ses ressources émotionnelles,
  • la dépersonnalisation ou le cynisme : insensibilité au monde environnant, déshumanisation de la relation à l’autre (les usagers ou patients deviennent des objets), vision négative des autres et du travail
  • le sentiment de non-accomplissement personnel au travail : sentiment de ne pas parvenir à répondre correctement aux attentes de l’entourage, dépréciation de ses résultats »

Le « profil type » constituant un terreau à risque est un professionnel avec de fortes responsabilités ou soumis à la pression d’objectifs, mais aussi celui qui fait face à des sollicitations émotionnelles intenses ou intellectuelles.

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VIOLENCES HOSPITALIERES : vers un état des lieux (chapitre 2) !!!

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 N°3, MARS 2016


Nous avons vu dans le premier chapitre les violences exercées par les soignants et les usagers entre eux. Parmi ces violences qui rentrent dans le champ des risques psychosociaux, il semble opportun d’aborder les violences diffusées par les salariés entre eux, que ce soit de manière ascendante ou descendante. Le harcèlement sera abordé ultérieurement. Les services de soins sont des reflets de ce que nous sommes. Les événements qui s’y passent ont valeur d’exemple tant nous reproduisons au travail ce que nous sommes à l’extérieur…Portée par un stress lié à l’angoisse du contexte professionnel, la violence est une réalité quotidienne et bien présente dans les couloirs aux rapides pas étouffés.

LA VIOLENCE VERBALE

La violence verbale est difficile à quantifier. On note très peu de traces de remontée, il existe le plus souvent une régulation interne au sein de l’unité. Elle se manifeste sous forme d’insultes, de propos grossiers, méprisants, dévalorisants, des menaces pouvant aller jusqu’à des diffamations, des entorses à des règles ou même des consignes de sécurité.

LA VIOLENCE PHYSIQUE 

Les manifestations de violence et d’agressivité sont des formes extériorisées de comportements incontrôlés de passage à l’acte. La victime est alors atteinte dans son intégrité corporelle. Lire la suite

VIOLENCES HOSPITALIERES : vers un état des lieux !!! (chapitre 1)

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 N°2, Février 2016


Le secteur hospitalier n’est pas épargné par le risque psychosocial. Parmi les risques qui le composent, opérons un focus, le temps de quelques lignes, sur la VIOLENCE externe c’est-à dire celle exercée par des individus extérieurs des structures médico-sociales. En effet, le lieu où l’on prend soin est aussi le reflet  de la dégradation socio-économique à l’origine de la flambée de la violence urbaine qui touche toutes les sociétés.

Etymologiquement, le terme « violence » prend ses racines dans une origine grecque « bio » signifiant « force vitale », «  vigueur ».Empruntée au latin classique, la violence «  violentia »  désigne un « caractère emporté, farouche, indomptable ».

La violence, telle que définie par J. Bergeret, est naturelle et primitive, assimilable à l’instinct de survie, d’auto-conservation. Les actes de violence, dans cette acception, témoignent d’une résurgence de peurs archaïques, et constituent une défense en réponse à une menace de destruction de son être.

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Risques Psychosociaux : Un nouveau risque émergent !!!

Chrystel ARTUS Article N°1 RPS Janvier 2016


N°1, Janvier 2016


Tout le monde a entendu parler des risques psychosociaux (RPS) ! Il s’agit de ce phénomène complexe et multifactoriel,  présent potentiellement dans le monde du travail, au même titre que tout autre risque professionnel, quel que soit le domaine et le secteur d’activité, quel que soit sa fonction dans l’entreprise. Ils sont inhérents à l’existence d’une interface entre un salarié, son travail et l’environnement organisationnel et humain dans lequel il évolue.

L’INRS les regroupe comme suit :

  • Le stress
  • Les violences internes (au sein de l’entreprise : brimades, conflits, harcèlement…)
  • Les violences externes (commises sur les salariés par des personnes externes
  • Les diverses forme de mal-être, de souffrance ressenties par les salariés : épuisement professionnel, pénibilité… ainsi que les conduites addictives

Ces risques ont des causes communes définies dans le rapport Gollac en 2009 :

  • les exigences du travail (quantité de travail, pression temporelle, difficulté à concilier vie privé / vie professionnelle),
  • les exigences émotionnelles (contact avec les usagers, la souffrance, peurs et agressions),
  • le manque d’autonomie et de marge de manœuvre (souvent associé à une forte demande psychologique combinée à une faible latitude),
  • le manque de soutien social ou de reconnaissance, les conflits de valeurs (conflits éthiques et qualité empêchée), l’insécurité de l’emploi et du travail.

 

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