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Pour ou contre l’essor de la Télémédecine et de l’Intelligence Artificielle au service de la santé pour tous ? Réponses du Docteur Pierre SIMON

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N°15, Novembre 2018


 

Article publié  par notre expert, le Docteur Pierre SIMON (Medical Doctorat, Nephrologist, Lawyer, Past-president of French Society for Telemedicine), auteur d’un ouvrage sur la Télémédecine, et qui sera présent lors du prochain 

Congrès du 06>07 Décembre 2018 organisé à Paris par la Société Française de Télémedecine consacré cette année au « e-patient au centre des innovations de la santé connectée, ses attentes vis à vis de la téléconsultation ».  


 

« Un dogme est une vérité de foi à laquelle on adhère en faisant abstraction de tout élément rationnel ».

Certains médecins expriment une foi, tout à fait respectable, sur la manière d’exercer la médecine d’Hippocrate.

Ils déclarent aujourd’hui, dans les médias nationaux, leur opposition au numérique en santé et affirment que « la télémédecine ne remplacera jamais le médecin ».

Les auteurs sont des personnalités médiatiques de la médecine française : l’un a réalisé les premières greffes du visage, un autre, médecin généraliste très présent sur les réseaux sociaux, est responsable d’un syndicat national de médecins libéraux qui a longuement hésité à signer l’avenant 6 de la convention médicale sur les tarifications de la téléconsultation et de la téléexpertise, le dernier est un médecin de santé publique, possédant également une formation en anesthésie, en médecine d’urgence et en Droit médical, très engagé dans la défense de l’hôpital public et, en même temps, animateur d’une émission radiophonique régulière sur la santé.

Après avoir fait connaître la position des médecins en faveur du développement de la télémédecine, notamment les représentants de la Société Française de Télémédecine (édition du Figaro du 14 septembre 2018), ce même journal national donne aujourd’hui la parole aux opposants à la télémédecine et à l’intelligence artificielle (IA), dans un article daté du 1er novembre 2018

Un peu d’histoire des « périodes dogmatiques » de la médecine…

La médecine a traversé plusieurs périodes dogmatiques, la plus ancienne étant celle du dogme qui affirmait que le « surnaturel » était à l’origine des maladies de l’homme. C’est Hippocrate lui-même qui supprima ce dogme en affirmant que les maladies avaient des causes naturelles, liées en particulier aux saisons.

Il y eut au début du XXème siècle la volonté de certains médecins de supprimer le dogme du secret médical (cf. Le dogme du secret médical, Essai de réfutation, par le Dr J. Th. Dupuy, Société d’Editions scientifiques et littéraires, Paris, 1903). Cette tentative n’a pas abouti. Aujourd’hui la préservation du secret médical ou professionnel est le fondement de l’exercice de la médecine.

La télémédecine a déjà connu une période dogmatique dans les années 80-90. L’école psychanalytique du Pr Lacan s’est toujours opposée à la réalisation de téléconsultations psychiatriques, au motif qu’un dialogue entre un médecin psychiatre et son patient devait toujours se faire en présentiel. Ce n’était pas l’avis d’autres pays comme les USA ou l’Australie où la téléconsultation psychiatrique fut parmi les premières applications de la télémédecine dans les années 80.

La France commence seulement à développer la télépsychiatrie, notamment dans les prisons et les EHPAD, grâce à l’arrivée d’une nouvelle génération de médecins psychiatres de l’ère post-lacanienne.

Essayons d’apporter la controverse aux positions « dogmatiques » des opposants à la télémédecine et à l’intelligence artificielle (IA).

La France n’est plus qu’à la 18ème place dans le classement OMS, « il y a urgence à inverser la tendance, surtout à l’heure de l’IA et de la télémédecine qui ne nous sauveront de rien, bien au contraire »

Cet argument pourrait effectivement faire mouche, puisque les pays qui sont les plus avancés dans l’innovation numérique en santé, les USA et la Chine, sont respectivement à la 34ème et 135ème place dans le classement OMS. On ne peut pas dire que le numérique en santé soit responsable de ce classement, mais on peut en revanche suggérer que, pour l’instant, la télémédecine, pratiquée depuis une quinzaine d’années dans ces pays, ne les a pas fait progresser en termes de performance de leur système de santé. Lorsque la France avait la 1ère place au classement OMS au début des années 2000, le numérique en santé n’était pas encore développé.

Le classement OMS s’appuie sur une centaine d’indicateurs sensés illustrer la performance des systèmes de santé de chaque pays. L’Institut Legatum, institut de recherche basé à Londres (Royaume-Uni), a publié la 11e édition de son index annuel mondial sur la prospérité en novembre 2017. Il s’agit d’une grande enquête qui classe les pays les plus prospères au monde. La santé est mesurée selon trois composants majeurs : la santé mentale et physique de base d’un pays, ses infrastructures dans la santé et la disponibilité des traitements de prévention.

La France est à la 18ème place, devant le Royaume-Uni (19ème) et derrière les pays indiqués ci-dessus dans ce tableau  (source : 11e édition de LEGATUM PROSPERITY INDEX annuel mondial sur la prospérité en novembre 2017)

 

Une analyse qui nous semble dogmatique sur l’évolution du système de santé français.

Les auteurs défendent avec un certain brio, reconnaissons-le, l’excellence de formation des étudiants à la médecine française, cette fameuse médecine clinique créée par les médecins hospitaliers de Napoléon au début des années 1800 avec la mise en place des concours hospitaliers (externat, internat, clinicat), passages obligés pour faire partie de l’élite médicale française. La révolution sociétale de 1968 a mis un terme à cette formation médicale à deux vitesses en offrant à toutes les étudiantes et tous les étudiants en médecine une formation clinique au lit du malade à l’hôpital.

Cette médecine clinique française a indiscutablement formé de grandes élites médicales qui ont rayonné à travers le monde au XXème siècle. Mais selon ces auteurs, les médecins, formés à l’excellence, sont aujourd’hui fragilisés par ce pouvoir (politique) qui, en une évolution continue de sa logique, pense désormais les remplacer par l’IA et ainsi favoriser à la fois, le marché et les entreprises du numérique à la seule finalité de faire des économies de santé, mais au détriment des malades.

Plus loin, une attaque plus frontale contre les chantres de cette politique : professeurs en retraite et experts autoproclamés des nouvelles technologies, start-ups soutenues financièrement par le marché, médecins non soignants qui ont fui la médecine mais qui servent de caution médicale à des procédés qui s’éloignent dangereusement des valeurs éthiques et humanistes de la médecine.

Les auteurs se sentent manifestement investis d’une mission de vérité sur ce qu’est, à leurs yeux, l’avenir de notre système de santé, en évitant toute collusion avec la télémédecine et l’IA qu’ils jugent dangereuses vis à vis des valeurs éthiques et humanistes de la médecine.

A aucun moment de cette tribune n’est abordée la question de l’évolution sociétale, de plus en plus attachée aux innovations du numérique en santé. On peut présumer qu’ils jugent une telle évolution mauvaise. On est alors sur une position vraiment dogmatique, pontifiante, pour laquelle ils appellent à un sursaut national des responsables politiques et des citoyens.

Il faut le dire quand même, tout ce que disent ces auteurs n’est pas faux, mais la grande faiblesse de leur plaidoyer est de nier les bienfaits indiscutables apportés par le numérique en santé, en France et ailleurs, depuis quelques années et que nous allons rappeler. Un dogme n’est jamais rationnel.

L’IA et la télémédecine sont-elles capables, ensemble, d’améliorer la performance de notre système de santé ?

A cette question, les auteurs de l’article répondent par la négative sans apporter d’arguments convaincants sur une éventuelle expérience dans ce domaine qui les aurait déçus. Si on ne veut pas être considéré comme dogmatique, il faut savoir expliquer et argumenter pourquoi telle ou telle innovation dans le numérique est dangereuse ou contraire à l’éthique. Dans cet article, les auteurs ne donnent aucune explication à leur rejet de la télémédecine et de l’IA.

Il faut le dire : ils ont tort de condamner la télémédecine et l’IA. Il est facile de le démontrer par quelques données cliniques. L’auteur de ce billet n’est pas un technicien du numérique ni un « expert autoproclamé ». Il revendique d’être considéré comme un clinicien qui adhère depuis un peu plus de 15 ans à l’innovation numérique en santé, tout en gardant un regard critique sur certaines évolutions. Il défend la télémédecine clinique. Ce blog en témoigne.

La photo choisie par le journaliste pour illustrer son article est surprenante car elle illustre justement une véritable réussite (bretonne) de la télémédecine.

Cette photo montre une téléconsultation à la fin d’une séance d’hémodialyse entre l’Unité de Dialyse Médicalisée de Lannion où se trouve le patient et le service de néphrologie du CH de Saint-Brieuc où se trouve le néphrologue. Cette photo a été prise en 2O12, soit 10 ans après la mise en place de la télédialyse dans cette région bretonne. La télédialyse est une application de la télémédecine clinique qui permet aux patients hémodialysés, souvent âgés et cumulant plusieurs handicaps, de ne plus se déplacer 3 fois par semaine dans le Centre de dialyse où se trouve l’équipe médicale (voir sur ce site le billet « télédialyse » dans la rubrique « le Pratico-pratique »).

Cette nouvelle pratique de surveillance d’un traitement des insuffisants rénaux hémodialysés a désormais plus de 15 ans d’existence et son financement s’est parfaitement fondu aujourd’hui dans la T2A. Elle utilise les moyens techniques de la télémédecine et les systèmes experts pour le traitement en temps réel des données de séance, en quelque sorte le premier niveau de l’IA faible.

Ni les patients, qui ont parfaitement adhéré à cette nouvelle organisation des soins, ni les professionnels de santé (médecins, infirmières) ne reviendraient aujourd’hui en arrière. Lorsque les patients de la région de Lannion sont interrogés sur cette nouvelle façon de les traiter, ils sont unanimes à dire que la qualité de prise en charge est au moins égale, sinon meilleure, à la prise en charge en centre. Leur vie sociale en est transformée et le prix de revient moyen d’une séance de dialyse a diminué de 25% (coûts de transports évités).

Comme quoi, il est possible au XXIème siècle de réaliser l’alliance de la qualité des soins et de l’efficacité économique grâce à la télémédecine et l’IA.

La plupart des pays en tête du classement de l’Institut Legatum ont restructuré leur système de santé avec le numérique !

Prenons quelques exemples : les pays du nord de l’Europe, le Japon, la Suisse et Singapour.

Quatre pays du nord de l’Europe sont dans les 15 premiers du classement. Que ce soit la Norvège, la Suède, les Pays Bas, la Finlande, le point commun de leur système de santé est d’avoir des établissements de santé numériques, des dossiers médicaux informatisés et interopérables entre la ville et l’hôpital, une pratique de la télémédecine développée notamment en matière de télésurveillance des maladies chroniques.

La télémédecine et la santé connectée sont parfaitement acceptées par les professionnels de santé et par les patients. Leur système de santé est jugé plus performant que celui de la France, alors que la densité en professionnels de santé médicaux est inférieure à celle de notre pays.

Le Japon partage avec la Chine, le leadership mondial du développement du numérique en santé, notamment de l’IA médicale, depuis au moins dix ans. Leur système de santé est jugé très performant, en particulier dans la prise en charge des personnes âgées et très âgées, ce pays ayant le plus grand nombre de centenaires au monde. Pour faire face à cette augmentation constante du nombre de personnes très âgées, le Japon développe la robotique dans le but d’aider les professionnels de santé non médicaux au sein des maisons de retraite. Ils le font en respectant les grands principes éthiques.

La Suisse est également un modèle pour les organisations structurées par le numérique et la télémédecine. On aimerait bien avoir en France le modèle Medgate qui permettrait de résoudre bien des problèmes auxquelles est confronté notre pays. En Suisse, la demande en santé du citoyen est filtrée par une plateforme de téléconseil médical financée par les assureurs. Elle oriente la personne appelante dans le parcours de soins primaire. Ainsi, les médecins généralistes n’ont pas l’encombrement de leur cabinet par des personnes dont les demandes peuvent être satisfaites par un simple conseil médical, sans nécessiter une consultation avec examen physique.

Singapour, petit pays de 3 millions d’habitants, possède un modèle de développement sociétal qui fait envie à de nombreux pays développés. Leur système de santé est très performant. Tous les hôpitaux de ce petit pays sont numérisés. La Télémédecine et la santé connectée y sont aussi très développées. La pratique de la télémédecine relève de guidelinesrédigées par le « Singapore Medical Council » (équivalent du CNOM en France). Les grands principes éthiques y sont rappelés. La confidentialité vis à vis des données de santé est une obligation légale. Les droits des patients sont respectés et leur consentement est recueilli avant toute pratique de télémédecine ou d’accès au dossier médical partagé. La pratique de la télémédecine à Singapour est à la fois informatique et clinique.

En résumé, refuser aujourd’hui le développement de la télémédecine et de l’IA médicale ne peut relever que d’une position dogmatique. Bien maitrisée par l’Intelligence humaine, la santé connectée avec la télémédecine et l’IAM peut rendre les systèmes de santé plus performants en corrigeant les inégalités d’accès aux soins, en aidant les professionnels médicaux dans l’exercice de la médecine, en prévenant certaines maladies.

Nous suivons en France l’évolution de la plupart des pays développés ou en voie de développement et nous le faisons plutôt bien, en respectant les grands principes éthiques et l’humanisme de la médecine. Il nous arrive parfois de prendre quelque retard, et la célèbre phrase de Voltaire reste très actuelle au siècle de la révolution numérique : « les Français arrivent tard à tout, mais enfin ils arrivent « .

 

     

 


Nous remercions vivement le Docteur Pierre SIMON(Medical Doctor, Nephrologist, Lawyer, Past-president of French Society for Telemedicine) , auteur d’un ouvrage sur la Télémédecine,  pour partager son expertise professionnelle pour nos fidèles lecteurs de www.managersante.com

 

[Vidéo ]

de l’interview du Docteur Pierre SIMON par Jean-Luc STANISLAS (Fondateur de managersante.com) sur

« L’impact de la télémédecine dans le contexte du projet de transformation de notre système de santé en France, suite aux annonces du programme #MaSanté2022 », 

à l’occasion des 3èmes Rencontres #RencontresAfrica Sectorielles Santé au Palais des Congrès de Paris les  24 & 25 Septembre 2018, dont managersante.com était un des partenaires médias officiels de l’événement 2018

 

Jean-Luc STANISLAS (Fondateur du site, [photo à droite]) tient à remercier chaleureusement le Docteur Pierre SIMON (Past-Président de la Société Française de Télémédecine, SFT-ANTEL) pour  proposer régulièrement le partage de son expertise de la Télémédecine à travers ses nombreux articles publiés gracieusement sur notre plateforme média digitale ManagerSante.com®


 

ÉVÉNEMENT 2018 à ne pas manquer à PARIS

(17 Boulevard Jourdan 75014) :

Inscriptions et programme complet :
Le e-patient sera la vedette de ce Congrès 2018. Il est désormais l’acteur avisé des services médicaux rendus par la santé connecté et les pratiques de télémédecine.
  • Il faut donc l’écouter !  Accepte-t-il les propositions de téléconsultation (TLC) programmée que lui fera son médecin traitant ?
  • Se tournera-t-il vers des solutions nouvelles d’accès à une TLC mises en place au niveau territorial par les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé lorsqu’il n’a pas (encore) de médecin traitant, au lieu de se rendre aux urgences hospitalières ou d’appeler le 15 ?
  • Percevra-t-il la place nouvelle du pharmacien d’officine pour l’aider à accéder à une TLC lorsque son médecin n’est pas joignable ou qu’il n’a pas de médecin traitant ?
  • Souhaite-t-il être l’évaluateur des nouvelles organisations de la santé connectée, des dispositifs médicaux utilisés pour la surveillance des maladies chroniques ?
A toutes ces questions très actuelles, le e-patient doit apporter des réponses qui permettent d’éclairer les professionnels de santé sur la qualité des organisations innovantes à mettre en place.
Une grande première à ce Congrès : la présentation des résultats d’une enquête effectuée auprès 8 000 personnes, adhérents de mutuelles, pour connaître leur vision de la télémédecine et ce qu’ils en attendent.
Ces résultats seront présentés dès l’ouverture du congrès. Ils vont surprendre…tant on y retrouvera le bon sens habituel des français, c’est à dire « le pratico-pratique » qui manque souvent dans les plans nationaux trop jacobins. Ces résultats seront confrontés à ceux de l’enquête réalisée par la mutuelle Interiale en 2015 et dont nous avions commenté sur ce site les principaux enseignements.
Les responsables de plusieurs agences régionales de santé (ARS), c’est à dire les représentants de l’Etat en région, sont invités à réagir « à chaud » aux résultats de cette enquête nationale et à proposer des actions concrètes dans leur région respective : quelle communication engager auprès des populations ? Quelles formations et quel accompagnement assurer aux professionnels de santé ? 
L’année 2018 a été marquée par plusieurs évènements importants touchant au développement de la télémédecine :
– le lancement du programme expérimental ETAPES pour cinq maladies chroniques (insuffisance cardiaque, insuffisance rénale chronique hémodialysée et transplantée, insuffisance respiratoire chronique appareillée à domicile, diabète de type 1 et 2 insulinorequérant, troubles chroniques du rythme cardiaque appareillés) avec un allègement des cahiers des charges en 2018 par rapport à ceux publiés en 2016 et 2017,
– la révision du décret de télémédecine de 2010 par un nouveau décret du 14 septembre 2018 supprimant l’obligation de contractualiser avec l’ARS pour les projets de télémédecine utilisant la téléconsultation et la téléexpertise,
– enfin le remboursement de la téléconsultation à compter du 15 septembre 2018 sur la base de l’accord conventionnel (avenant 6) intervenu en juin 2018 avec les syndicats médicaux libéraux et publié au JO du 10 août 2018.
Des représentants de la DGOS, du CNOM et de la SFT commenteront cette année 2018, riche en événements.
Informer les patients et former les professionnels de santé avec des méthodes pédagogiques nouvelles pour atteindre les objectifs.
Il existe des moyens modernes d’information des patients. Il faut les utiliser. Des spécialistes de l’information médicale aux patients, des Living Lab. pour e-patients, de la pédagogie inversée, etc. interviendront.
Il est également important que les responsables universitaires disent comment ils voient la formation future en télémédecine et en santé connectée des professionnels de santé au cours de leur cursus universitaire. Un doyen de faculté de médecine décrira la stratégie mise en place pour intéresser les étudiants en médecine à la santé connectée et à la télémédecine.
La nouvelle approche pédagogique inclue également la formation des patients à leur maladie. L’exemple d’un MOOC dédié aux patients atteints de myélome sera présenté.
Quels sont les retours du terrain ? Des expériences concrètes sur lesquelles les patients s’exprimeront.
Des témoignages partagés entre professionnels de santé et patients animeront cette session, avec des prises en charge par télémédecine en médecine générale, en rééducation fonctionnelle, en pédiatrie, en psychiatrie et en cardiologie. Les patients s’expriment sur leur vécu vis à vis de ces nouvelles pratiques de soins, sur leur ressenti de la qualité de prise en charge et sur le service médical et social rendu. La SFT, en tant que Société médicale savante, fera connaître à l’occasion de ce congrès 2018, ce qu’elle considère comme des indicateurs de qualité dans les pratiques professionnelles par télémédecine.
A l’ère des Big Data, de la science des algorithmes et de l’IA, comment amener les patients à adhérer à des innovations essentielles pour l’amélioration du diagnostic médical et des choix thérapeutiques ? Comment expliquer la « blackbox » aux patients ?
Nul ne conteste qu’il y a beaucoup de fantasmes autour de l’IA médicale et qu’il devient urgent d’entrer dans le « pratico-pratique » de ses applications pour que les bénéficiaires directs, les patients, soient correctement informés avant de consentir à leur utilisation pour leur propre santé. Un panel de spécialistes français reconnus débattra des aspects éthiques de l’IA et de la garantie humaine de son usage.
La dimension internationale de ce congrès 2018 sera africaine avec le thème de la téléexpertise sud-sud et nord-sud dans les pays du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne.
Les pays d’Afrique manquent cruellement de spécialistes, alors qu’ils ont entamé leur transition épidémiologique vers les maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension artérielle et autres maladies cardiovasculaires, le cancer, etc. La prise en charge des patients est souvent trop tardive et la mortalité est élevée, notamment dans les zones rurales. Les africains sont aujourd’hui très connectés, disposent d’au moins un téléphone ou smartphone.
La santé mobile peut se développer. Il devient possible d’offrir des plateformes de téléexpertise en mutualisant les ressources spécialisées de plusieurs pays (téléexpertise sud-sud) et de recourir en deuxième avis à des spécialistes européens (téléexpertise nord-sud). Il est toutefois nécessaire de trouver un modèle économique adapté aux ressources des patients africains, en attendant la mise en place de la CMU. Les pratiques de téléexpertise doivent faire partie du panier minimum de soins offert aux africains.

 

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Docteur Pierre SIMON

Medical Doctor, Nephrologist, Lawyer, Past-president of French Society for Telemedicine, Past-CGES French Ministry of Health Praticien Hospitalier en néphrologie pendant près de 35 ans, il s'est intéressé a la Télémédecine des le milieu des années 90 en développant une application de Télémédecine en dialyse, devenue opérationnelle en 2001. Cette application a été évaluée par la HAS en 2008-2009 (recommandations publiées en janvier 2010). Après avoir co/signe le rapport ministériel sur "La place de la Télémédecine dans l'organisation des soins", avec Dominique Acker lorsqu'il était Conseiller Général des Etablissements de Sante (2007-2009), il a été, de janvier 2010 à décembre 2015, président de la SFT-ANTEL Société savante de Télémédecine, qui regroupe plus de 400 professionnels de santé, médecins et non médecins ( infirmiers, pharmaciens, etc.). et dont l'objet est de promouvoir et soutenir les organisations nouvelles de soins structurées par la Télémédecine, apportant la preuve d'un service médical rendu aux patients. La SFT-ANTEL organise chaque année un Congres européen de Télémédecine et a crée un journal de recherche clinique en Télémédecine ( Européan Research in Télémédecine) publie par Elsevier.

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