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La solitude du manager et de l’entrepreneur existe. Que faire ? Jean-Luc HUDRY nous propose des clés.

Businessman thinking of ideas in front of laptop

Nouvel Article proposé par notre expert,  Jean-Luc HUDRY, Conférencier, Auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier paru aux éditions Maxima Laurent du Mesnil (5 novembre 2020), « L’optimisme opérationnel – Vaincre l’adversité« .

N°2, Septembre 2021

Clé 34 : la solitude du manager et de l’entrepreneur existe. Osez parlez aux gens qui vous inspirent confiance. Une faiblesse ? Non, une preuve d’intelligence !

En période compliquée, on se replie souvent sur soi, on ferme les écoutilles car les autres « ne peuvent pas comprendre ». J’ai commis cette maladresse à l’époque où l’adversité et moi couchions dans le même lit. Être seul à porter un sac qui s’alourdit au fur et à mesure que le temps passe et que les épreuves se multiplient, ou les deux à la fois…, c’est éprouvant.

D’autant plus éprouvant d’ailleurs, qu’un manager ou un entrepreneur se retrouve seul au moment de trancher. Et ce, même dans de grandes organisations où des aéropages de conseillers s’effacent devant le Président qui, seul, face à lui-même, prend la décision. 

En quelque sorte c’est donc la double peine : être, d’une part, confronté à l’adversité et d’autre part, se retrouver seul à l’instant de décider. 

Vous réinventer, c’est donc oser briser cette mécanique établie en extériorisant auprès de gens de confiance, vos questionnements et vos sentiments.

Car ne porter qu’un seul regard sur les choses, le vôtre, et resasser continuellement les mêmes sujets dans votre coin, ne véhicule aucun mieux.

Bien au contraire, cette attitude vous isole, non seulement des autres mais aussi d’un ensemble de solutions que vous auriez pu tester si vous en aviez discuté avec Pierre, Paul ou Ségolène.

Alors qu’est-ce qui vous empêche de vous confier aux autres ?

D’abord, une sorte de culpabilité à vous débattre au milieu des difficultés alors que lesdits Pierre, Paul ou Ségolène, vont bien, eux. Vous ne voulez pas les ennuyer avec vos histoires et vous pensez qu’ils ne vous « aimeront plus » si vous leur en parlez. Et comme vos soucis mangent une bonne partie de votre existence, et que vous ne pensez quasiment qu’à ça, vous ne voulez pas être le vilain canard qui plombe l’ambiance lors d’un dîner ou d’une réunion professionnelle. Vous êtes « insortable » c’est ainsi.

Ensuite, il y a cette conviction ancrée que, même si vous parliez à des personnes de confiance de vos démêlés avec l’adversité, leur envie de vous aider serait si forte que leurs conseils seraient forcément simplistes, donc inopérants.

Sur ce point vous n’avez pas complètement tort et tout dépend du niveau d’adversité auquel vous êtes confronté. Il y a des situations simples mais dans mon cas, c’était l’inverse, tout était complexe, long, tendu, et à certains moments, sauvage. Dès lors, impossible de raconter en détail, même à des oreilles attentives et bienveillantes, une histoire à tiroirs et aux 1000 rebondissements. Elles auraient vite décroché. C’est pourquoi je me taisais et ressentais une véritable solitude à l’instant d’arbitrer entre les décisions possibles. 

Enfin, vous pensez perdre en crédibilité et en autorité si vous affichez des soucis professionnels ou personnels aux yeux de tous. Comment vous, cette personne si solide, si respectée, vous pouvez flancher et vous interroger ? Incroyaaable !

Pour ces raisons, vous faites profil bas et ne dites rien, ou si peu, de ce que vous vivez. Vous êtes même réduit à écouter -supporter- ce que disent les autres bien que leurs problèmes et préoccupations vous paraissent d’une incroyable futilité au regard de ce que vous vivez. Et vous n’avez plus qu’une envie, rentrer chez vous pour repenser aux moyens de sortir de ces épreuves qui vous collent à la peau.

C’est exactement ce que j’ai connu, j’imagine donc, cher lecteur, que vous pouvez le connaitre aussi.

Quoi qu’il en soit, s’il vous plaît, ne commettez pas l’erreur de l’escargot rentrant dans sa coquille. Au contraire, ouvrez les fenêtres et OSEZ PARLER de ce qui vous chagrine ou vous empêche de dormir.

Contrairement à ce que vous pensez, même si ce qui vous arrive est « original », même si vous pensez être seul au monde à connaitre cette épreuve, en réalité tel n’est pas le cas.
Il y a toujours quelqu’un qui a rencontré peu ou prou la même situation que la vôtre. Et, ce à tous les niveaux.
Certes, ce n’est pas un motif de réconfort mais juste une prise de conscience que le « destin » ne vous vise pas particulièrement. Ne craignez donc plus de passer aux yeux des autres pour un zombie. Vous êtes un, ou une, des milliards d’individus visités un jour ou l’autre par l’adversité. Encore une fois, bienvenue au club !

Partant de ces constats, il devient plus facile de mettre votre pudeur et votre peur de déranger de côté pour, au contraire, oser parler de ce que vous vivez ou endurez.

Chaque fois que je l’ai fait, les épreuves n’ont évidemment pas disparu comme par enchantement, mais, la parole se libérant, plusieurs choses ont évolué favorablement. Autres façons d’appréhender le sujet, portes de sortie auxquelles vous n’aviez pas pensé, encouragements bienvenus, reprise de confiance, renforcement de liens d’amitié, etc.

Votre kit optimiste se complète d’une nouvelle clé à double impact positif sur votre mental et sur votre action concrète. Utilisez-la souvent.
En résumé :

1) Sortez de votre isolement, voyez autre chose, d’autres lieux, d’autres organisations et d’autres personnes, vous gagnerez en sérénité et en efficacité ; 

2) Prenez les conseils délivrés par les autres non comme des martingales mais comme d’utiles pistes de réflexion et d’action. Ségolène n’a pas tout compris de ce que vous lui avez exposé, pourtant, globalement, ce qu’elle vous a dit fait sens et vous offre un nouveau point de vue sur les choses. Clairement, Ségolène ne pense pas comme vous, elle pense « autrement » mais son approche peut inspirer la vôtre et stimuler votre créativité. Félicitez-vous ! 

Finalement, il en va de l’adversité comme de la recherche d’un job : pour en décrocher un, dire que vous êtes demandeur aide bien.  

En écoutant (sans aveuglement) les avis des autres, de vos pairs jusqu’à vos subordonnés, tous dignes de confiance bien sûr, vous vous libérez d’un poids, vous ouvrez la porte à des réflexions et à des issues auxquelles vous ne pensiez pas, et là encore, vous avancez au lieu de stagner en resassant.   

Regardez donc autour de vous et « sélectionnez » les heureux élus parmi vos collègues et collaborateurs. Et même si vous êtes une référence dans votre domaine, vous restez un homme ou une femme, avec vos forces et vos fragilités ; OSEZ leur parler, vous ne ferez pas preuve de faiblesse mais d’une fine intelligence. 

Ça marche aussi à la maison !

– Je n’arrive plus à gérer mon ado, ça me mine, je sens qu’il m’échappe, il ne travaille plus au lycée.

Vous n’aimez pas étaler vos problèmes surtout que derrière ces symptômes, vous vous sentez un peu coupable (pas assez là, rien vu venir). Bref, vous n’osez pas en parler, même à votre bonne copine Juliette…

Au lieu de ruminer dans votre coin, cette fois, parlez-lui. C’est une amie de confiance, fiable, posée et super discrète qui a aussi un ado, elle saura vous écouter.

Même si elle ne vous apprend rien d’extraordinaire et même si son cas n’est pas le vôtre, son regard, son expérience et les échanges avec elle vous aideront sûrement à mieux gérer votre ado.

Nous remercions vivement  Jean-Luc HUDRY, Conférencier, Auteur de plusieurs ouvrages. , dont le dernier paru aux éditions Maxima Laurent du Mesnil (5 novembre 2020), « L’optimisme opérationnel – Vaincre l’adversité« , de partager son expertise professionnelle avec nos fidèles lecteurs de www.managersante.com

Un Nouvel ouvrage à paraître le 04 Octobre 2021 écrit par de nombreux experts-auteurs de ManagerSante.com

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Jean-Luc Hudry

Conférencier, Auteur, Entrepreneur. Secrétaire général de l'Association Française des Conférenciers Professionnels Expert en Management positif, Motivation, Leadership et Optimisme opérationnel

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